Ce matin vous vous penchez sur la délégation de personnalités de droite qui s’est rendue en Syrie pour rencontrer Bachar El Assad, ce weekend.

Oui une délégation de trente personnes dont cinq élus LR. Nicolas Sarkozy n’approuve pas du tout ce voyage. Mais il n’a pas jugé bon rappeler à l’ordre ces députés qui apportent une caution de respectabilité à Bachar El Assad en pratiquant une petite diplomatie parallèle, bien guidée par le dictateur. Rappelons que la France (du temps de Sarkozy comme sous la présidence Hollande) tient le président syrien pour le principal responsable de la guerre et des massacres de civils. D’ordinaire les partisans français du régime syrien, (qui furent aussi ceux de Saddam Hussein) l’étaient, à gauche comme à droite, au nom d’une entente plutôt laïque avec le parti BAAS. Parti nationaliste qui avait noué des liens étroits (parfois sonnants et trébuchants) avec des gaullistes ou des socialistes dans le cadre de la traditionnelle amitié franco-Arabe. Ce n’est plus le cas. Le voyage de ce week-end s’appuie plutôt sur les réseaux chrétiens. Il se développe, dans une partie de la droite française, une sorte de solidarité communautariste avec les chrétiens de Syrie dont Bachar El Assad se veut le protecteur dans le cadre de la coalition des minorités sur laquelle s’appuie son régime.

Mais cette délégation ressemble aussi à ce que pourrait être un rapprochement FN/LR

Oui, rapprochement, en vérité, du FN et d’une toute petite partie de LR. Une partie très droitière et identitaire, fascinée, comme Marine Le Pen, par le leader blanc, chrétien et nationaliste Poutine et par son protégé Syrien. Cette délégation peut ressembler, effectivement, à un embryon idéologique de ce que serait une recomposition à la droite de la droite. A LR il s’agit d’élus du sud-est comme Thierry Mariani. Valérie Boyer, élue à Marseille, d’une circonscription ou sont présents des chrétiens libanais ou arméniens, soigne son électorat local avec des arguments très bacharistes similaires à ceux développés par Marion Maréchal-Le Pen. Arguments qui dénoncent les réfugiés qui fuient plutôt que de résister alors que la très grande majorité des réfugiés sont chassés par les bombardements russes et l’armée du régime qui déversent des barils d’explosifs sur les zones rebelles et civiles. Avec les 5 parlementaires LR, était présent Julien Rochedy, ancien président des jeunes Frontistes, proche de Marine Le Pen. Cet idiot utile du dictateur syrien a fait un selfie de midinette avec Bachar El Assad, accédant ainsi au statut de crétin inutile. On trouvait aussi, parmi les invités, l’éditorialiste de Valeurs Actuelles André Bercoff, promoteur d’un rapprochement Franco-Russe et d’un rapprochement LR/FN. Mais si le voyage de cette petite troupe apparait anecdotique, on peut cependant le voir comme un faisceau d’indices. Indices, donc, d’une possible recomposition d’une partie de la droite identitaire du sud-Est, indice surtout d’une tentation grandissante d’un retournement d’alliance diplomatique et d’un rapprochement avec la Russie, bien au-delà de l’atlantisme très tempéré classique gaullien. Retournement d’alliance pro Russe prôné par un cercle plus large que celui des diplomates marionnettes de Damas de ce Weekend, puisque François Fillon lui-même, a des mots très accommandants pour Vladimir Poutine.

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