Ce matin, la marche en hommage à Mireille Knoll…

Marche du 28 mars 2018 à Paris, en hommage à Mireille Knoll.
Marche du 28 mars 2018 à Paris, en hommage à Mireille Knoll. © Maxppp / Leon Tanguy

Cette marche est un moment important dans la prise de conscience nationale de ce que peuvent vivre beaucoup de Français juifs. L’ensemble du spectre politique a tenu à être présent, ce qui avait l’avantage de "décommunautariser" la marche. La lutte contre l’antisémitisme est toujours liée à l’état de notre démocratie (donc chez nous de la  république). Quand la république va mal, l’antisémitisme augmente. A la fin du XIXème siècle, les antirépublicains étaient antidreyfusards et les grands républicains, Zola, Clemenceau, étaient dreyfusards. Dans les années 30, pour l’extrême-droite maurassienne et catholique, antisémitisme et haine de la république allaient de pair. Les promoteurs de l’Etat français, pendant la guerre, qui ont conçu le statut des juifs, ont aboli la République. Aujourd’hui, l’idéologie islamiste est la principale pourvoyeuse du nouvel antisémitisme. Elle instille les stéréotypes et se sert du conflit israélo-palestinien pour répandre un sentiment victimaire et complotiste parmi une population, en France, elle-même victime d’une forme de ségrégation, via la ghettoïsation des quartiers, les discriminations à l’embauche par exemple. Pour eux, la république faillit et la laïcité, pilier de la République, est vécue comme un carcan. Antisémitisme et anti-république, ont toujours marché de concert. Il faut donc, pour combattre l’antisémitisme, l’union la plus large possible. 

D’où la faute du président du CRIF qui avait dit que Marine Le Pen et JL Mélenchon n’étaient pas les bienvenus à la marche…

Oui et, de plus, en les mettant dans le même sac, il fait une formidable erreur de jugement politique! Les raisons, pour le CRIF, d’en vouloir au FN et à LFI, ne sont pas de même nature. Le FN est l’héritier d’une tradition antisémite. Marine Le Pen dit avoir fait sa révolution, elle a banni son père, pétainiste et révisionniste. Il faut la prendre au mot… même si elle fraye avec des extrêmes-droites de l’Europe de l’Est qui remettent l’antisémitisme au goût du jour. Rien de tout ça à LFI… La tradition politique de JL.Mélenchon,  c’est Jaurès et l’antiracisme ! Le CRIF reproche aux Insoumis deux choses : d’être favorable au boycott d’Israël pour protester contre sa politique de colonie. Mais si tous les antisémites sont antisionistes, tous les antisionistes ne sont pas antisémites. C’est bien sûr le cas de JL.Mélenchon. Francis Kalifat lui fait un procès politique injuste. L’autre reproche est plus embarrassant. Les Insoumis comportent, en leur sein, certains responsables aveugles et sourds, quand ce n’est pas bienveillants, avec le communautarisme musulman et des antisionistes qui ont glissé vers l’antisémitisme. JL.Mélenchon condamne régulierement, sans doute pas assez fermement, cette petite minorité de ses troupes. Mais les quelques mots que le patron de LFI a prononcé hier, pendant la marche, était sans ambiguïté et d’un républicanisme pur jus. C’est là la double erreur, et même la faute politique du président du CRIF : il s’est permis de faire le tri entre ceux qui avaient le droit de se dresser contre l’antisémitisme et ceux qui n’en étaient pas dignes. Et il a mis tous ces recalés dans le même sac de l’infamie. Francis Kalifat a tout simplement gâché une partie de ce moment important.

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