C'est demain que le président de l'UMP et ministre de l'Intérieur annoncera officiellement qu'il se lance dans la course à la présidentielle. Un moment traditionnellement fondateur, mais qui là, pourrait bien tomber un peu à plat. La poisse, la scoumoune ou en langage plus policé, la difficulté à trouver un nouveau souffle. En tout cas effectivement, Nicolas Sarkozy qui longtemps a pu se prévaloir d'être le maître du temps politique en France, et bien là, piétine quand d'autres autour de lui imposent à leur tour leur rythme. Imaginez, ça fait une dizaine de jours que l'apprenti candidat tente de maintenir le suspense autour de l'annonce de sa candidature. Ses amis s'agitent, cogitent, proposent, contre-proposent un calendrier et des idées incroyables pour paufiner ce moment d'exception, et lui, l'intéressé entretient savamment, quotidiennement le "teasing" comme on dit en marketing. On sait que ce sera demain soir sur France 2, mais pour épicer un peu la chose, le futur candidat promet désormais une "surprise". Presse régionale ou internet ? Suspense ! Toutes ces questions fondamentales tiennent en haleine, en comptant large 200 personnes, mais le but de Nicolas Sarkozy était bien de faire de ce départ en campagne, un événement majeur. Il s'attendait, et il attendait, que chacun en France soit rivé devant sa télé demain et que les media n'aient d'yeux que pour lui en cette fin de semaine. Patatras!!! on en arrive à la scoumoune... Car que croyez vous qu'il arrivat ? Et bien ses adversaires et concurrents ont semble-t-il enfin trouvé la parade pour contrer Nicolas Sarkozy. L'ignorer, juste l'ignorer. Et se débrouiller pour prendre plus de place que lui ! Et ce qui est amusant c'est que dans son camp, comme dans le camp adverse, ils ont imaginé la même recette : partir ! Dominique de Villepin effectue à partir de demain un voyage de 3 jours au Tchad, Congo et Afrique du Sud, périple rarissime pour un premier ministre. Ségolène Royal part pour une tournée au Proche-Orient. L'occasion pour le premier ministre de se montrer sur un terrain dans lequel il excelle : l'homme de l'ONU va aller porter le message de la France en Afrique. Posture plus flatteuse que celle qui consistait à attendre sans broncher, devant sa télé demain à Matignon, l'annonce de la candidature de son numéro 2, et elle dit bien en creux le peu d'importance qu'il souhaite accorder à cet épiphénomène de la vie politique française. La seconde, Ségolène Royal, entend évidemment profiter de ce moment particulier de la campagne, où elle est en avance sur ses adversaires, pour faire mentir sa réputation d'incompétence en politique étrangère. Quant au plaisir qu'elle prend à noyer sous un flot d'images la candidature de Nicolas Sarkozy, il parait qu'elle n'y a même pas pensé ! Ce qui est vrai, c'est que demain soir, Nicolas Sarkozy ne sera pas tout seul dans la petite lucarne. Et ça c'est agacant pour lui, car jusqu'ici, il avait excellé dans l'art de créer tout le temps, et à lui seul, l'événement médiatique.

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