On dirait, en effet. Ces crêpages de chignon sur les procédures, le calendrier, rappellent les pires heures du début des verts quand ils se disputaient pour savoir comment voter afin de choisir ceux qui aller voter pour designer les délégués qui voteraient, etc. Pour avoir couvert ces réunions, je peux vous dire qu’on ressortait de là avec des envies de bonapartisme autoritaire… On en est pas encore là pour le PS mais il est assez surprenant de voir François Hollande, Manuel Valls et Ségolène Royal reprocher aux deux principaux candidats potentiels de ne pas se présenter l’un contre l’autre. Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn disent être peu ou prou sur la même ligne politique. Dès lors, pourquoi s’affronteraient-ils ? Alors le résultat probable est que celui qui décidera d’y aller (et sous réserve que le pacte tienne) aura une position ultra dominante. Il ne tient qu’à leur concurrent... d’arriver à les concurrencer ! Une partie de la confusion qui règne vient du fait qu’on n’a toujours pas très bien compris si ces primaires doivent être la sélection d’un candidat qui défendra le projet du parti socialiste ou si chaque candidat proposera son propre projet ; en gros s’agit-il d’un simple casting géant (ce qui ne serait pas honteux, la personnalité et le profil d’un président, c’est important) ou s’agit-il d’un vaste débat idéologique? Par exemple entre les tenants d’une rigueur de gauche et ceux qui prôneraient une relance par la consommation !Par exemple, sauf que pour l’instant, ceux qui sont candidats plus ou moins déclarés sont tous du même bord. Le bord de la rigueur de gauche. Manuel Valls, François Hollande, bientôt Pierre Moscovici ou Jean-Louis Bianco. Ils disent tous qu’il faut faire très attention aux déficits, qu’il ne faut pas promettre la lune et qu’il faut réformer la fiscalité pour que l’effort (l’effort !) soit bien réparti. Alors il y a Arnaud Montebourg qui a synthétisé son positionnement hier sur France 5, je le cite : « Sur le social, je suis un socialiste bon teint (...), sur la démocratie, je suis mendésiste, sur l'économie, je suis MoDem, sur la mondialisation je suis altermondialiste, sur l'écologie, je pense que les Verts ont raison ». En gros nous dit Montebourg, vous aimez le poulet, vous aimez la chantilly, vous aimerez le poulet à la chantilly ! Bref puisque pour l’instant il n’y a pas de représentant d’une politique économique alternative la compétition s’apparentera à un casting. L’enseignement que l’on peu tirer de l’observation de ce panel de candidats est que les socialistes, même, s’ils entonnent une musique parfois bien à gauche, les socialistes français opèrent une nouvelle mue. Après avoir intégré le socialisme à la république avec Jaurès, puis à la démocratie au congrès de Tour en 1920, puis au libéralisme avec le tournant de la rigueur de 1983, ils l’adaptent ou l’abandonnent (selon qu’on est pour ou contre) à la mondialisation. Dans ce contexte, la voix est toute tracée pour Dominique Strauss-Kahn ou une Martine Aubry adoubée par Dominique Strauss-Kahn. Et donc le débat de fond sur l’alternative économique n’aura pas lieu pendant les primaires, mais après pendant la campagne, entre d’un coté le candidat des socialistes et Nicolas Sarkozy sur la question de savoir s’il y a deux façons de mener une politique de rigueur, plus ou moins juste et de l’autre entre le candidat socialiste et le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon.

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