Manuel Valls ne se présentera finalement pas si François Hollande est candidat.

Bien sûr, il ne peut pas en être autrement. Et si F.Hollande n’était pas à ce point affaibli, en des temps ordinaires, il aurait, dès dimanche, limogé son 1er ministre. Parce qu’un 1er ministre laissant entendre qu’il pourrait défier le président sur le terrain électoral, c’est impensable, question de déontologie élémentaire du pouvoir puisque le 1er ministre est le chef de la majorité et que, nommé, il procède du chef de l’Etat élu ! Mais François Hollande n’est visiblement plus en mesure de faire valoir sa légitimité, même auprès des siens. Il n’en a plus les moyens politiques. Et au fond, c’est ce qu’a démontré Manuel Valls en laissant planer, pendant plusieurs jours, l’idée qu’il pourrait se présenter contre le président. Hier, après un déjeuner entre les deux hommes, le 1erministre a donc dit qu’il n’affronterait pas le chef de l’Etat dans une primaire.

Ça veut dire que le Président a retrouvé son autorité sur le 1erMinistre ?

Ou le contraire. L’apparence de l’ordre règne. Mais si Manuel Valls accepte d’apparaitre moins pressant, déjà pour montrer qu’il n’y a pas de crise de régime et que l’Etat continue à s’occuper de la marche du pays, c’est peut-être aussi parce qu’il a compris que François Hollande n’irait pas ou au moins qu’il hésitait vraiment. Le Président lui a-t-il signifié, d’une façon ou d’une autre, qu’il n’irait sans doute pas à la bataille ? Beaucoup de commentateurs et de responsables politiques estiment que le chef de l’Etat ne peut pas faire autrement que de se représenter, que c’est la logique des choses, des institutions, du personnage, qu’il ne peut pas avoir l’air d’un déserteur, ne pas assumer un bilan qu’il juge caricaturé. Mais à l’Elysée, autour de lui, on affirme qu’il n’agira pas par je cite «réflexe pavlovien» et qu’il ne se représentera que si sa candidature était de nature à réunir la gauche dite de gouvernement, si divisée. Or, Emmanuel Macron a confirmé que sa candidature était irrévocable, il y a un candidat écologiste, JL Mélenchon est soutenu par les communistes, le 1erMinistre, et le président de l’Assemblée nationale ont clairement fait comprendre ce qu’ils pensaient d’une candidature Hollande. Il est évident que si ce dernier annonçait son souhait de repartir pour 5 ans, aucun des candidats socialistes déclarés pour la primaire (Montebourg, Hamon, Lienemann, Filoche) ne renoncerait pour autant. Aucun des candidats de gauche hors primaire ne changerait non plus d’avis. Il y a quelques mois on disait à l’Elysée qu’il fallait, pour que le président se représente, un chemin, même étroit, qui laisse entrevoir la possibilité d’une victoire en mai 2017. La question qui se pose désormais n’est plus la même. C’est celle-ci: le président peut-il perdre à la primaire ? A l’évidence, oui. Donc François Hollande peut-il renoncer ? La réponse est aussi oui ! N’importe lequel d’entre nous ne se représenterait pas dans ces conditions. Seulement les présidents ne sont pas n’importe qui d’entre nous. C’est d’ailleurs pour ça qu’ils sont présidents.

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