Ce lundi 29 octobre, revenons sur un sujet abordé au congrès du PS à Toulouse. La promesse du droit de vote des étrangers non communautaires pour les élections municipales

On a entendu des voix s’inquiéter au sein du PS de l’avenir de cette promesse ancienne de 30 ans. Une promesse sans cesse repoussée. Et pour cause : il n’est pas très couteux politiquement de faire faux bon à une partie de la population qui n’a pas le droit de vote ! Ce projet est en panne pour plusieurs raisons. Outre que l’on juge que ce n’est jamais le bon moment, il faut, pour tenir cette promesse, réformer la constitution. Pour cela il faut soit un référendum (et c’est vrai que là, l’argument « ce n’est pas le moment » est assez percutant !), soit réunir député et sénateurs au Congrès à Versailles. Seulement la gauche n’y totalise pas les 3/5eme des voix requises. Il manque quelque 50 parlementaires. François Hollande n’a donc pas les moyens institutionnels d’honorer sa promesse. Pour le coup ce n’est pas une question de courage politique ! Aucun membre de l’opposition ne semble disposé à voter en faveur de ce nouveau droit. Le but est donc de tenter de convaincre quelques dizaines de parlementaires UMP et centriste. C’est un travail de longue haleine, discret et patient mais pas impossible. Il y a beaucoup de modérés, dans l’opposition, qui se sont exprimés, par le passé en faveur du droit de vote pour les étrangers. Pour tenter d’obtenir leur adhésion le Premier ministre fait savoir, par exemple, qu’il serait prêt à inclure dans le projet, l’idée d’une réciprocité. Les étrangers dont les pays seraient disposés à permettre aux ressortissants français sur place de voter aussi localement, pourraient voter en France. C’est une disposition un peu ridicule parce que la France n’est pas un pays d’émigration, mais bon, ce peut être une façon d’entre ouvrir ce nouveau droit pour les étrangers non communautaires sur notre sol. On comprend bien, dès lors, que la gauche ne doit plus faire de cece projet un étendard symbolique, une façon d’obtenir une victoire politique sur la droite.

Le gouvernement devrait donc faire preuve d’abnégation et rechercher un compromis !

Oui !Tout le contraire de l’effet obtenu par la pétition de 75 députés socialistes sommant, en septembre, François Hollande de tenir sa promesse au plus vite. Cette affaire est emblématique d’un mécanisme politique assez classique et qui produit un trompe l’œil : les plus acharnés, les plus combattifs ne sont pas toujours ceux qui veulent vraiment que ça aboutisse. En tout cas ce sont rarement le plus efficaces. Ainsi, entre les deux guerres, sur le droit de vote des femmes, certains parlementaires jusqu'au-boutistes refusaient le droit de vote progressif (municipal d’abord) pour les femmes au motif que ce droit était un tout. Ils savaient très bien que le droit de vote intégral qu’ils exigeaient serait refusé par le Senat conservateur. D’ailleurs, tout en se parant des habits glorieux des intransigeants, ils proposaient le tout pour que rien ne soit voté et ainsi bloquaient une loi qui, au fond les gênait puisque les femmes avaient la réputation d’être sous influence de l’église, donc de la droite ! Exiger l’impossible sur le champ est souvent l’arme la plus efficace pour que rien ne se passe. Certains aux PS semblent user de cette tactique ou alors ils ne le font intentionnellent ce qui n’est pas beaucoup plus flatteurs. Résultat : les étrangers non communautaires n’auront pas le droit de vote aux municipales de 2014

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