**Le président de la République dévoile aujourd’hui le plan Jeune préparé par Martin Hirsch.Oui, c’est l’occasion de faire le point sur la politique d’ouverture. Les propositions de Martin Hirsh, la méthode et le temps utilisé par lui à convaincre Nicolas Sarkozy font qu’il est le seul vrai ministre d’ouverture. Il est d’autant plus ministre d’ouverture qu’il n’est pas ministre. Le Haut commissaire aux solidarités actives, peut, grâce à son titre ambigu (dans le gouvernement tout en n’y étant pas) …peut se départir de la solidarité gouvernementale. Par exemple lors de l’expulsion des étrangers de la jungle de Calais, le Haut commissaire qui n’a pas aimé cette opération, et qui l’a dit à Eric Besson ne se voit pas reprocher par les commentateurs ce qui pourrait être un grand écart politique. Bernard Kouchner, lui est obligé de justifier Calais en gobant sa ration de boa constrictor. Martin Hirsh seul, en fait, parmi tous les ministres et haut commissaires étiquetés « ouverture » a gagné le droit d’être libre en réussissant à faire adopter des mesures qui ne le seraient pas sans lui ! À l’inverse Bernard Kouchner est le figurant le plus prestigieux mais n’infléchit en rien la politique extérieure de la France. Tout comme Fadela Amara dont on attend toujours le fameux plan Marshall pour les banlieues. Quand à Eric Besson, à l’observer on a l’impression que ce sont Brice Hotrefeux et Xavier Bertrand qui sont des personnalités d’ouverture !…Martin Hirsh, peut se targuer d’avoir obtenu des résultats que la gauche aurait pu obtenir si elle avait gagné les élections. Ce qui peut être troublant pour les électeurs de droite, non ?Oui et non. Non parce que c’est peut être grâce à cette façon de faire que Nicolas Sarkozy finira par s’en sortir électoralement. On ne pourra en juger qu’après… Mais oui, parce que finalement à quoi ça sert de voter contre la gauche si c’est pour faire sa politique ? Dans l’avion qui le ramenait de New York le président a dit, à propos du plan Hirsh : « je vais faire ce que la gauche aurait du faire »… Et là, on comprend le trouble qui peut s’installer chez les électeurs de droite. Ce qui devrait encore plus les inquiéter c’est l’analyse du sarkozysme faite par Michel Rocard dans le Monde ce Week-end. Il dit : « Le cas Sarkozy est intéressant. C'est un avocat. Il n'a jamais fait d'économie. Il est allé apprendre l'économie chez Alain Madelin (chez les libéraux donc). Ce qu'il a prêché a complètement échoué. Il n'a pas fallu cinq jours à Nicolas Sarkozy pour le comprendre. Si je suis aujourd'hui dans la commission du grand emprunt, c'est pour aider à faire évoluer la grille mentale d'analyse de la droite. » Fin de citation. En gros Michel Rocard nous dit qu’idéologiquement Sarkozy, c’est rien et qu’on peut l’influencer ! Martin Hirsh a compris ça aussi visiblement. Nicolas Sarkozy sait que la jeunesse ne vote pas en majorité pour lui, qu’en cas de conflit social avec la jeunesse l’opinion est facilement derrière les jeunes. Il lui faut agir. Martin Hirsh connait le souci politique de Nicolas Sarkozy et il en profite pour avancer ses solutions, ce à quoi il croit. Le RSA, puis Le RSA jeune. La gauche l’aurait-elle fait ? Martin Hirsh, de gauche, lui, arrive à l’imposer à Nicolas Sarkozy, encore officiellement de droite. Et l’on n’a aucune raison de penser que le Président agit ainsi uniquement avec des préoccupations politiciennes. En tout cas (n’en déplaise au PS et aux militants UMP) il met en œuvre, avec le plan jeune, des mesures clairement de gauche…Mais tout ça ne va pas forcement de pair avec l’un des soucis affiché pendant sa campagne : le retour de la « crédibilité du discours politique » parce que pour en revenir à la phrase de Nicolas Sarkozy dans l’avion…Pour qu’elle soit vraiment honnête, elle aurait plutôt dû être celle là : « je vais faire ce que la gauche aurait dû faire et (aurait-il dû ajouter) contre quoi j’aurais, bien évidemment voté ».**

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