Ce matin vous ne nous parlez pas du Sénat !

Ben non, c’est un basculement mécanique, résultat de la déroute des municipales pour le PS. Ça n’a aucun effet politique comme n’a eu aucun effet le passage du Sénat à gauche il y a 3 ans. On ne s’intéresse pas à ce que dit le thermomètre six mois après la fièvre. Finalement on ne devrait plus parler du Sénat que pour demander sa suppression.

Donc vous préférez revenir sur la prise de position de Nicolas Sarkozy en faveur des gaz de schiste !

Oui, voilà un vrai débat qui a une chance de se tenir. C’est une prise de position tranchée et, depuis que Nicolas Sarkozy est revenu, c’est sans doute la seule proposition claire qu’il ait formulé. Sur tous les autres sujets, son obsession d’apparaître rassembleur lui fait adopter plutôt une sorte de position d’ambigüité affichée avec fermeté. « L’ambigüité ferme » c’est un concept assez dur à manier, fait pour ménager la chèvre et le chou sans avoir l’air mou pour autant. L’ancien président excelle dans cette figure de style. Toujours est-il que sur les gaz de schistes Nicolas Sarkozy revient sur une notion de plus en plus contestée à droite comme à gauche : Le principe de précaution, devenu, selon lui, un dogme qui briderait notre aspiration au progrès.

Mais c’était pourtant sous son quinquennat que l’interdiction des gaz de schiste a été prononcée !

Oui, et avec d’ailleurs des accents très définitifs. Nathalie Kosciusko-Morizet, sa ministre de l’écologie était très attachée à cette interdiction. Elle s’est même insurgée quand Jean-Marc Ayrault, en aout 2012, avait dit que la question n’était pas définitivement tranchée. Il y avait deux raisons avancées pour justifier l’interdiction. La première est que l’exploitation des gaz de schistes nécessite une fracturation hydraulique de la roche. Une technique ravageuse pour les nappes phréatiques. Ce qui est à la limite envisageable dans le Dakota du nord peu peuplé devient problématique dans un pays à forte densité comme le nôtre. Mais cette raison n’est pas définitive. Elle est suspendue aux éventuelles découvertes qui pourraient déboucher sur des formes d’extractions moins polluantes. François Hollande maintient l’interdiction mais reste ouvert à l’idée d’exploiter un jour les gaz de schiste si l’on trouve une façon propre d’y parvenir.

En revanche les écologistes, certain socialistes et UMP à l’âme plus environnementaliste ne sont pas de cet avis. Ils coïncidèrent que l’option gaz de schiste détourne nos efforts de la recherche sur les énergies renouvelables et nous maintient dans une addiction aux énergies fossiles sans avenir. Voilà un débat passionnant. Ni l’UMP ni le PS ne l’ont encore tranché. Nicolas Sarkozy vient d’y apporter une contribution, toutefois pas encore assez claire…En effet, on ne peut pas savoir, dans sa formulation, s’il est favorable ou pas à l’exploitation de ces gaz, même avec la technique de la fracturation hydraulique… toujours est-il que son propos est déjà une remise en cause radicale de l’esprit du Grenelle de l’environnement qu’il avait pourtant lui-même porté.

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