Nous recevons ce matin à 8H20 François Fillon, un Premier Ministre dont, ces derniers temps, le discours avait des intonations de Président!

Oui, et s’il va certainement se montrer plus offensif ce matin au lendemain de la charge de Martine Aubry contre Nicolas Sarkozy, c’est vrai que ces derniers jours François Fillon est apparu en grand modérateurs des ardeurs virulentes de certains des plus proches de Nicolas Sarkozy. Les contrastes entre les styles et les discours du Président et le Premier Ministre n’ont jamais été aussi saisissants après un été marqué par une surenchère sécuritaire, en forme de stratégie politicienne un peu trop voyante décidé par le président. Donc le tableau politique de l’exécutif en cette rentrée est le suivant : le Président de la République est contesté par une partie de sa majorité, l’aile, disons, modérée, démocrate-chrétienne, sociale et républicaine de la droite. Les sondages ne sont pas bons et (selon ces sondages) trois leader de l’opposition feraient jeu égal ou battraient même à plate couture Nicolas Sarkozy si l’élection avait lieu aujourd’hui. Nous sommes à la veille d’une mobilisation sociale qui s’annonce forte sur une réforme, les retraites, qui ne rencontrent pas non plus l’assentiment de la majorité des Français. Sombre panorama… et pourtant François Fillon est relativement populaire. Trop fort ce Fillon ! Me direz-vous. En réalité il est populaire, (et ce n’est pas faire offense à sa personne) surtout par contraste, par comparaison avec Nicolas Sarkozy. Le Ying et le Yang. Nicolas Sarkozy clive, François Fillon, délivre une parole sereine, arbitrale. Il semble être au dessus de la mêlée… ces derniers jours, il a même critiqué l’instrumentalisation politicienne de l’affaire des Roms « de part et d’autre »… c'est-à-dire aussi par les siens, ceux qui surenchérissaient sur ordre de l’Elysée. Et voilà le premier ministre en arbitre apaisant d’un conflit entre le président et l’opposition ! C’est le monde à l’envers ! Oui, parce qu’il est sensé être le chef de la majorité (donc offensif) et Nicolas Sarkozy le Président de tous les Français (donc rassembleur)! Mais, en réalité Nicolas Sarkozy fait office de Premier Ministre lessivé et François Fillon de chef épargné grâce à la distance qu’il prend (ou qu’il subit) vis-à-vis des polémiques. L’exécutif marche sur la tête. La limite de cette façon de gouverner au lieu de présider qui est la marque de Nicolas Sarkozy est atteinte. C’est l’Elysée qui est au cœur de l’action et donc des polémiques, donc c’est François Fillon qui incarne la stabilité, la « zenitude » avec, en plus un joli col Mao…le Ying. Le problème c’est que les institutions ne sont pas faites pour qu’il en soit ainsi… Ou alors il faudrait que François Fillon puisse changer le Président quand ça ne va plus. Mais ce n’est pas possible... C’est mal foutu. Chacun comprend, du coup, que la question du remaniement (imprudemment annoncé) par l’Elysée pour cet automne n’a finalement que peu d’intérêt. A quoi ça servirait de se séparer d’un Premier Ministre intact qui n’a jamais vraiment été en première ligne ? D’ailleurs, on peut continuer le liste... Pourquoi changer le ministre des affaires étrangères, populaire, sans doute aussi parce qu’il n’est pas plus ministre des affaires étrangères, dans les faits, que vous et moi ? François Fillon, lui, s’en tire donc bien et commence à avoir une image présidentielle. Y pense-t-il, la cultive t’il ? En ce moment, on en a l’impression. Si vous arrivez à le lui faire dire, Patrick, vous aurez vraiment réussi votre rentrée !

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