Le quinquennat sur pause ? Il y a, à la tête de l’Etat, un changement d’attitude et – la question mérite d’être posée- de politique.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / Yoan Valat

Avant les vacances (tirant la leçon de la popularité des gilets jaunes, et après avoir procédé à cette vaste consultation inédite que fut le grand-débat) Emmanuel Macron avait décidé, et annoncé qu’il redescendait de son Olympe, qu’il allait, désormais, consulter, mettre les syndicats et les acteurs de terrains dans la boucle des décisions, qu’il ne pécherait plus par arrogance ou par emporte-pièce. 

Et c’est ce qu’il fait. 

Sa communication est à la fois plus habile et moins verrouillée, le gouvernement consulte tous azimuts. Mais ça va au-delà de l’attitude et du style de gouvernance. 

Le Président en rabat sur son soutien indéfectible à la doctrine obsolète et dangereuse de maintien de l’ordre, prenant enfin en compte les dizaines de mutilés et d’éborgnés. Il affirme aussi qu’il a changé d’avis, sur l’écologie ; il demande à son ministre de l’éducation de changer d’attitude envers les professeurs ; il bat en retraite sur l’âge de la retraite ; le calendrier de baisse des impôts sur les sociétés est ralenti ; Il n’y aura pas non plus 120 000 fonctionnaires de moins en 2022. 

De concert et pour des raisons différentes, le Sénat et le gouvernement sont en train de creuser la tombe de la réforme des institutions. Il confie à une convention citoyenne tirée au sort le soin de faire des propositions engageantes en matière de transition énergétique.

Emmanuel Macron change de style… et de politique ? 

Ça reste à confirmer, on verra ce que donnent les négociations sur les retraites, par exemple. 

En matière d’environnement, les écologistes répètent que le virage est fictif. Jusqu’ici c’était le cas mais quand on oppose les propos (tout beaux tout verts du président fraîchement converti) aux actes du gouvernement, par exemple, au sujet de l’autorisation –cet été- de nouvelles exploitations aurifère en Amazonie guyanaise, le gouvernement répond (un peu comme l’alcoolique qui explique que c’était son dernier verre) que, justement le code minier va être réformé pour que ces autorisations (de droit) ne soient plus possibles. 

Un changement de logique s’est peut-être opéré. L’épreuve des faits viendra très vite. 

Bref... la touche ‘pause’ semble enfoncée pour les réformes –économiques au moins-... La réduction des dépenses publiques ne semble plus être l’impératif. Emmanuel Macron comprend sans doute que l’Europe, en plein Brexit, minée par le populisme et l’Allemagne en panne de croissance, ont autre chose en tête que de reprocher à Paris les faiblesses de sa rigueur budgétaire. Le feu gilets jaunes couve toujours. Le personnel hospitalier craque, les routiers, les agriculteurs sont mécontents et savent comment bloquer le pays. 

Et en même temps, la conjoncture économique n’est pas si mauvaise, le chômage baisse... et les municipales arrivent ! Stop ! C’est le moment de ne plus respirer, se figer et sourire à tout le monde... comme dans 1,2,3 soleil, quand celui qui compte se retourne. Voilà le tableau... Le macronisme originel et économique semble à l’arrêt. Ou au moins, il se met en roue libre... ça tombe bien c’est la conduite la plus écolo.

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