Victoire d'un ex néo fasciste à la mairie de Rome lundi. Une campagne électorale et une victoire qui font rêver certains hommes politiques, chez nous, en France. Eh oui, petit goût de nostalgie de la part de certains, pour ce qui aurait pu arriver en France, mais qui n'advint point ! Je vous parle de Jean-Marie Le Pen, l'invité d'Inter ce matin... Les Romains ont en effet eu droit en ce printemps, à un remake à la sauce cinecitta d'une campagne qu'on a vécue nous. Après le viol et le meurtre d'une jeune femme par un Roumain d'origine tzigane, en octobre dernier, le parti de Gianni Alemanno n'a pas hésité à ressortir les équations simples : immigrés=danger=insécurité. Victorieuse à Rome donc, victorieuse dans tout le pays, l'Alliance nationale a gagné en mettant en avant ses obsessions sécuritaire et anti immigration. Or, souvenez-vous donc. 2002, chez nous, cette campagne présidentielle tétanisée autour de 2 sortants qui ne faisaient plus rêver et qui s'était focalisée, aussi, sur l'insécurité ou le sentiment d'insécurité, aidé par le manque de responsabilité de certains média qui faisaient tourner en boucle des images nauséeuses, servi par l'incapacité de la gauche à démontrer qu'elle était sortie de son angélisme sécuritaire. Jean-Marie Le Pen avait cru alors se faufiler dans une faille de l'histoire. Le 21 avril, il était donc là, présent au second tour, pour la première fois de la Vème République. Séïsme politique, séïsme déjà retombé dans les limbes de l'histoire. Alors, oui, aujourd'hui peut-être, le président du Front National, regarde-t-il avec un brin d'envie voire de nostalgie ce qui se passe à Rome, même si les hommes, les partis ne sont pas tout à fait comparables. Mais eux ont réussi là où lui a échoué, et aujourd'hui, après avoir frôlé le sommet, il se sait tombé si bas. Mais à la veille du 1er mai, date du traditionnel défilé du FN, une question finalement se pose : et si Jean-Marie Le Pen avait décidé d'emporter dans sa tombe, son oeuvre, c'est à dire le Front National, s'il avait décidé que personne ne devait lui survivre politiquement ? Car la déconfiture électorale, la déroute financière n'expliquent pas tout. Oui, le travail de pompe aspirante opéré par Nicolas Sarkozy a durablement et peut-être définitivement asphyxié Jean-Marie Le Pen. 10% à la présidentielle à peine, 7 aux législatives, un petit 6 dans les villes de plus de 10 000 habitants aux dernières municipales, même les premiers déçus du sarkozysme ne sont pas revenus vers le vieux parti protestataire. Oui, ces scores calamiteux ont ruiné le FN. vente du siège, caisses vides. Désertion enfin des militants. Après avoir connu les ors, les fastes et la grandeur de la place de l'Opéra pendant plus de 20 ans, le FN se contentera demain d'un défilé rétréci, comme passé à la machine. Mais comment expliquer les coups de hache donnés par Jean-Marie Le Pen lui-même dans les soutes du Paquebot Front National ? En qualifiant à nouveau, comme il l'a fait récemment, les chambres à gaz de "détail" de l'histoire, Jean-Marie Le Pen ne fait pas que céder à ses vieux démons. Il sape sa succession. Sa fille Marine, qui n'a de cesse de tenter de dé diaboliser le parti de papa, s'est tout de suite démarquée de son père. Soutenue par des cadres du parti qui n'en peuvent plus des provoc inutiles et désormais répulsives de Jean-Marie Le Pen, mais on sent leur impuissance à maitriser la Bête ! Car l'ex vieux capitaine tout puissant préfère, semble-t-il, couler avec son bateau que disparaître seul. La victoire, il la voulait pour lui, par pour les autres, pas même pour sa fille. Marine rêve toujours d'une conversion du FN en parti respectable de la droite nationale, un peu à l'italienne, elle devra attendre si elle hérite d'autre chose que d'un raffiot.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.