Début de campagne compliqué pour celle qui porte les couleurs et la liste d'Emmanuel Macron. Un handicap pour ses "midterms" du 26 mai ?

Un début de campagne compliqué pour Nathalie Loiseau qui porte les couleurs et la liste d'Emmanuel Macron aux Européennes 2019
Un début de campagne compliqué pour Nathalie Loiseau qui porte les couleurs et la liste d'Emmanuel Macron aux Européennes 2019 © AFP / Eric Piermont

L’édito politique, avec vous Yael Goosz. Et cette drôle de campagne des européennes : le maillon fort de La République en Marche est-il en train de devenir le maillon faible…

Et ça pourrait même faire une BD, Nicolas : le tome 1 de Nathalie Loiseau en campagne… Et ça s’intitulerait : « quand ça veut pas, ça veut pas » ! Autre option : « tête de liste, tête en l’air et tête de turc ». 

Dure loi des séries. Ça commence mi-mars, par une déclaration de candidature improvisée sur France 2… Sa voix à moitié couverte par le rire forcé de Marine Le Pen. Pas convaincante non plus, trois semaines plus tard, sur le ring du premier débat à 12.

La semaine dernière, c'est Mediapart qui remue le passé et révèle une Nathalie Loiseau, candidate à l’insu de son plein gré (!), sur une liste étudiante d'extrême droite composée d’anciens membres du GUD. 

Et puis week-end noir. Obligée de s’expliquer sur l’une des planches de la BD pour ados qu’elle vient de publier pour parler d’Europe. Page 29, un collégien polonais dit dans sa bulle : « deux garçons qui se marient, même pas en rêve ! ». Conclusion, très relativiste, du prof au tableau : « Nous avons des différences, c’est sûr, et il faut se respecter. » 

Enfin ses propos, sur l’ENA, école qu’elle a dirigée : « j’avais l’impression d’être une romanichelle quand je suis arrivée… » Des mots qui lui échappent, des formules d’autant plus maladroite que sa liste, Renaissance, prétend incarner la résistance aux nationalistes et aux extrêmes, Orban, Salvini, Le Pen. 

Alors, relativisons, nous aussi, ce sont des péripéties de campagne, elle ne jettera pas l’éponge, en interne personne ne réclame sa tête… Disons qu’elle est devenue la poupée vaudou, le punching-ball, l’avatar d’Emmanuel Macron dans une campagne au point mort ou presque.

C’est surtout ça qui est inquiétant, Yael…

Oui « ça n’accroche pas, ça piétine », me confiait hier soir l’un des stratèges de La REM… Un faux-plat qui n’en finit pas. Et pour l’instant, chez Nathalie Loiseau, la consigne, c’est de ne pas répondre aux boules puantes par d’autres boules puantes. Il y aurait pourtant de quoi faire ! Le RN et ses assistants parlementaires, l'incroyable recyclage clanique des proches de Marine Le Pen sur sa liste... Non, elle attend dignement que la campagne prenne sur le fond. 

D’accord, mais alors pourquoi patienter jusqu'au 9 mai pour publier le programme ? 

« Parce que ça va se jouer à la fin, dans la dernière droite, quand ça cristallise », voilà ce qu’on nous répond. Un choix risqué. Qui laisse le temps aux adversaires de renationaliser l’élection. 

Et dans un climat aussi délétère, l’avantage comparatif de Nathalie Loiseau (sa connaissance des dossiers, sa capacité à prendre la tête d’un groupe parlementaire demain à Strasbourg) passe au second plan. Jean-Luc Mélenchon est à la relance sur le 1er mai et les gilets jaunes, Marine Le Pen fait son banquet demain à Metz. Son programme pour les européennes, elle l’a déjà publié, et sa seule obsession désormais, c’est de transformer le 26 mai en référendum sanction contre Emmanuel Macron. 

Avec une sortie aussi tardive du grand débat et une tête de liste devenue la cible, Emmanuel Macron se met tout seul dans une seringue. 

Si jamais le rapport de force devait s’inverser avec le RN (et aujourd'hui les deux listes sont à touche touche), il faudra qu’il invente un acte 3 avant même d’avoir pu démarrer l’acte 2 !

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.