Olivier Veran s’est expliqué, hier sur France 2 sur le démarrage en douceur de la campagne de vaccination en France

La défiance… c’est la défiance d’une grande partie des Français envers les vaccins qui tétanise le gouvernement. Olivier Véran l’a clairement dit ‘il faut lutter contre la défiance, quitte à ce que cela prenne un peu de temps. Pas de précipitation, il faut prendre le temps de la pédagogie et avoir plus de recul’. C’est étrange parce que depuis des semaines maintenant, depuis que la deuxième vague est une réalité, qu’une troisième vague se profile, encore plus depuis que le conseil scientifique prévoit une probable nouvelle perte de contrôle de la pandémie, la seule lumière au bout du tunnel, c’est le vaccin. Alors pourquoi attendre ? À peine une centaine de vaccinations réalisées en France. Est-ce que les jours, les semaines passées à essayer de convaincre les réticents, ne sont pas des jours perdus contre la Covid. Un exemple parmi d’autres, relevé dans la presse régionale, l’Epad de Mamers, dans la Sarthe, 75 pensionnaires, 65 positifs, déjà une dizaine de victimes ! Et aucune vaccination prévue avant la fin janvier dans cet établissement ! Comment est-ce possible ? Il ne s’agit donc pas de problème de logistique, de transport, de mode de conservation réfrigéré. La France est suffisamment équipée. Non, cette lenteur est assumée, programmée… 

C’est vrai que notre pays est particulièrement défiant. 

Oui et l’on comprend bien qu’aucune mesure d’obligation n’est possible, ni même souhaitable. Ce serait une faute démocratique avec seulement 44% des Français prêts à se faire vacciner. Le gouvernement veut s’appuyer sur les généralistes, les médecins de famille pour changer la tendance et faire revenir la confiance. Il s’abstient donc d’organiser de grands centres de vaccinations comme cela se pratique chez nos voisins. A la suite des pensionnaires des EPAD, à partir de janvier, les personnels soignants se feront vacciner, puis la masse des Français qui le souhaitent, par tranches d’âge. Le ministre de la Santé explique que le décalage (dû à ce départ de tortue) sera rattrapé en février. Une grande partie du corps médical s’interroge sur cette stratégie pusillanime vis-à-vis des réfractaires. Il reste pourtant bien assez de Français désireux de se faire vacciner (assez pour bloquer la progression du virus) pour que l’on n’attende pas ! Le délai que s’impose le gouvernement peut même être contreproductif et suggérer que le conseil scientifique ne serait pas assez sûr du vaccin Pfizer à ARN-messager ! Puisqu’il est dit qu’en matière de traitement médical, il faut procéder par la méthode de la balance bénéfice/risque… le gouvernement a donc jugé –comme Boileau - qu’il y avait plus de bénéfice à se hâter lentement. Soit. Encore faut-il être sûr de remporter la bataille de l’opinion… Parce que l’action néfaste des réseaux sociaux pour répandre la défiance, est rapide comme un clic. L’idée de jouer au lièvre et à la tortue avec l’information biaisée ou même les fake news semble un pari bien hasardeux.  

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