La campagne présidentielle bat son plein, entre "trous d'air" et polémiques en tous genres. Mais derrière cette campagne, se cachent d'autres batailles. C'est le principe des poupées russes. A l'intérieur de chacune d'elle, il y a toujours une nouvelle poupée et bien figurez-vous qu'il y aussi à l'intérieur de chaque campagne présidentielle, d'autres campagnes cachées. Car si les candidats sont en route pour le 22 avril, voire le 6 mai, autour d'eux gravitent une foule de personnages qui jouent déjà, eux, le jour d'après ! Car le 7 mai, c'est là que tout commence : un gouvernement à former, une direction de parti à assumer, des présidences de l'assemblée puis du sénat à remplacer. Aujourd'hui, ça fourmille, ça grouille, ça suppute et ça se place, bref ça joue du billard à trois bandes dans les entourages pour être au bon endroit, au bon moment. Le gouvernement. C'est évidemment plutôt à l'UMP et au PS qu'on se prépare, avec des contraintes différentes. Nicolas Sarkozy a déjà prévenu qu'il se contenterait d'un gouvernement de 15 ministres, parité hommes/femmes. Les places sont chères, les sarkozystes de la première heure espèrent bien être récompensés, même s'ils sont aujourd'hui écartés du pilotage de la campagne comme le très fidèle Brice Hortefeux, les derniers arrivés veulent croire qu'ils seront remarqués. Résultat tout le monde fait du zèle autour du candidat, sans jamais lui parler d'ailleurs, car Nicolas Sarkozy est aujourd'hui retranché au 3ème étage de son QG de la rue d'Enghien. Autour de Ségolène Royal, les prétendants parient sur la nouveauté. Un jeune député socialiste, qui s'est retrouvé dans le palmarès des "50 qui font bouger la france" dans VSD à la rentrée veut croire que c'est comme ça que la présidente composera son futur gouvernement. Du coup, il a monté un groupe de travail sur la Justice et se prépare au cas où. Le parti, à prendre, en cas de victoire comme de défaite, voilà un autre os à ronger. A droite, Jean-Pierre Raffarin ne fait pas mystère qu'il ferait bien le job, même si en réalité, c'est la présidence du sénat qu'il guigne ! Un parti, ça sert seulement si on veut faire carrière. "Carrière???" mais c'est bien sûr Jean-François Copé ! Le jeune ministre du budget, convaincu d'être un jour président de la république, fait des plans sur 15 ans. Prochaine étape, l'UMP, puis Matignon, avant l'Elysée. "C'est un petit Sarkozy" s'amuse un élu - son seul problème c'est justement qu'il n'est pas dans les petits papiers de Nicolas Sarkozy. A gauche, Dominique Strauss-Kahn notamment, se montre le moins possible, parle le moins possible, car sa bataille à lui n'est plus la présidentielle, mais bien le poste de numéro 1 du PS. En revanche, ce qui préoccupe les élus de l'UDF, c'est leur jour d'après à eux, c'est-à-dire leur ré élection à l'assemblée. D'où l'hémorragie actuellement des parlementaires UDF vers Nicolas Sarkozy. Vous le voyez, pendant la campagne, les campagnes continuent. Rien ne s'arrête le 6 mai au soir.

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