C'est imminent, l'Elysée l'a promis. La liste 2008 de la Légion d'honneur devrait être publiée dans les jours qui viennent. Une liste censée respecter la parité, mais ça n’est pas gagné ! " Où sont sont les femmes ? " s'égosillait le chanteur il y a quelques années. " La femme est l'avenir de l'homme " promettait le poète au siècle dernier. Mais ce n'est pas gagné, l'Elysée cherche toujours des femmes françaises méritantes qui pourraient être inscrites sur cette liste de la Légion d'honneur. Nicolas Sarkozy l'avait retoquée une première fois en début d'année pour cause justement de non respect de la parité. Pour le président de la République, c'est une question d'honneur. Lui qui s'est engagé à inscrire de nouveaux droits dans la constitution française, notamment la parité homme/femme. Pas question d'apparaître comme le pire des machistes qui pourrait promouvoir sans sourciller une palanquée d'hommes fiers de leurs 20 années - c'est le minimum requis - d'états de service auprès de la patrie reconnaissante, quand aucune femme, ou si peu, ne trouverait grâce à ses yeux. Pas question non plus, là c'est une question d'orgueil, de faire moins bien que Lionel Jospin, lui qui au titre de premier ministre parvint sous son quinquennat à proposer jusqu'à 56% de noms féminins. Après lui, ses successeurs ont largement décliné. Jean-Pierre Raffarin détient le pompon noir. Sur la promotion de pâques 2005, il nomme moins de 10% de femmes. Reconnaissons qu'il n'est ni le seul ni le premier à avoir rechigné à distinguer les mérites du sexe longtemps considéré comme faible. Si en 1802, lorsque Napoléon crée l'ordre de la Légion d'honneur, il n'en exclut pas explicitement les femmes, il faudra attendre 1851 pour que la première se voit décorée pour ses services militaires pendant la Révolution. Aujourd'hui encore, seules 3 femmes ont été faites "grand croix" de la légion d'honneur, suprême distinction. Alors aujourd'hui, pourquoi ne trouve-t-on toujours pas de femmes méritantes ? C'est insensé reconnait une élue très engagée dans la reconnaissance de la parité ; mais c'est une question de culture, de vieux blocages. Ce n'est pas que les préfets, chargés dans chaque région de faire remonter des propositions, n'en connaissent pas des femmes, mais ils ne les reconnaissent toujours pas dans leur champ d'activité professionnel notamment. Ce sont souvent les seules préfètes, il y en a peu, qui ont le souci de respecter un minimum de parité. Ceci dit, certaines refusent cette distinction, comme George Sand le fit quand on la lui proposa, pour ne pas "avoir l'air, dit-elle, d'une cantinière". Alors depuis son arrivée à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a déjà eu l'occasion de distinguer quelques femmes, Barbara Streisand fut la première à être décorée, Mona Chasserio, fondatrice d'une association de femmes en détresse la dernière en date. D'autres, forcément remarquables pourraient l'être - Anne Lauvergeon, PDG d'Areva, pour tout ce qu'elle fait pour le rayonnement de la France à l'étranger - Chimène Badi, coqueluche du président, pour les mêmes raisons - Carla Bruni pour son active participation à l'amitié franco italienne - la rameuse Maud Fontenoy, pour avoir refusé un fauteuil de ministre, ce que pratiquement aucun homme n'est capable de faire - Cécilia Sarkozy pour ses faits d'armes en Libye, ou encore Ségolène Royal, pour être la meilleure opposante dont Nicolas Sarkozy peut rêver. Et d'autres plus sérieusement encore. Quelques rubans rouges à apposer sur d'augustes poitrines, cela serait du meilleur effet dans les jours qui viennent. Et puis après tout, cela ferait peut être aussi oublier, que lors des prochaines municipales, malgré la loi sur la parité, et bien les listes seront encore conduites à 85% par des hommes - méritantes peut-être les femmes, mais pas encore tout à fait capables.

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