Le résultat de la primaire marque la fin du PS et installe un nouveau paysage politique à gauche

La structure, la coquille du PS survivra encore sans doute, parce que c’est le cadre de l’implantation locale de la gauche démocratique en France mais le cycle d’Epinay (Epinay, 1971, c’est le Congrès fondateur du PS de F.Mitterrand)… ce cycle s’est achevé hier soir parce que les 2 lignes proposées par les 2 candidats à la primaire paraissent irréconciliables… et c’est celle qui conteste la politique du gouvernement socialiste qui a triomphée. Alors par le passé, c’est vrai, le PS à force de synthèses souvent acrobatiques, unissait des contraires, (Chevènement et Rocard, ou Valls-Montebourg en 2012) mais ces unions ne survivent pas à l’épreuve du pouvoir. Et à force d’impuissance et d’ambiguïtés idéologiques, la synthèse, incarnée par F.Hollande il y a cinq ans, a fini par faire horreur à tout le monde. Le PS d’Epinay était la force centrale et dominante de la gauche, vers laquelle convergeaient, les satellites (radicaux, communistes ou écologistes). Aujourd’hui les satellites Mélenchon et Macron ont quittés l’orbite du PS et c’est eux qui exercent leurs forces d’attraction. Contraint par ces forces exogènes Macronnienne et Mélenchonniennes, le PS fini enfin par trancher, refusant la synthèse. Mais comme il tranche après avoir exercé le pouvoir et contre la façon dont il a été exercé, il ne tranche pas entre 2 lignes économiques, il se tranche lui-même. Une recomposition très rapide, une sorte de précipité politique va se dérouler devant nous… pas dans les jours qui viennent mais dans les semaines. M.Valls appelait hier la gauche à dépasser ses propres limites (ce que fait Macron), quand B.Hamon se tournait vers l’opposant le plus résolu des années Hollande, JL Mélenchon.

L’une des forces de cette nouvelle gauche peut-elle gagner l’élection ?

Oui, et c’est ça qui est paradoxal ! C’est possible avec un Fillon affaibli et si E.Macron qui en dira (enfin !) plus, cette semaine, sur son programme, arrive à attirer ceux qui veulent un chamboule tout du système politique partisan. La nouvelle donne est très incertaine. Mais maintenant la gauche de la gauche a 2 visages, 2 fortes personnalités très différentes avec Hamon et Mélenchon, alors que la gauche de gouvernement et centriste n’en n’a plus qu’un avec Macron : la victoire de ce dernier devient donc possible. Et puis, c’est un peu malheureux à dire quand on préfère le vrai débat politique à la démocratie d’opinion, mais les sondages vont jouer, dans les semaines décisives qui viennent, un rôle primordial et démesuré. Les sondages auxquels, officiellement personne ne croit, mais que chacun, médias et partis, commandent à grands frais, installeront vite une hiérarchie entre tous les candidats. Cette hiérarchie virtuelle pèsera à gauche ou l’on n’est pas prêt à revivre le traumatisme du 21 avril. Parce qu’au fond la grande affaire de cette élection n’est pas l’avenir du PS mais plutôt celui du FN. Et dans ce contexte, avec une droite à la peine c’est –pour l’instant- E.Macron le grand bénéficiaire du paysage politique qui apparaît sous nos yeux depuis hier soir.

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