Oui, on le connaît bien ici ! C’est un invité régulier de la matinale. Son côté intello sans doute, il vient plus souvent que Nadine Morano par exemple… On le connaît bien mais on a du mal à le définir politiquement (ce qui doit lui plaire d’ailleurs). On connaît ses marottes… le renouvellement politique (ça lui passera avec l’âge), sa position ferme contre le cumul des mandats. Il veut que les hauts fonctionnaires qui se font élire démissionnent de l’administration. Il s’est appliqué cette règle et le fait savoir. Interrogez-le sur le permis à points ou la disparition des abeilles, il trouvera le moyen de placer qu’il a démissionné de la fonction publique. Bon, aujourd’hui il ne le dira pas puisque je viens de lui miner le terrain… Mais à part ça, est-il conservateur ? Progressiste ? Moderne ? Classique ? Libéral ? Social ? Etatiste ? Un peu tout ça ! C’est le côté pratique du Gaullisme! B.Le Maire, qui veut l’Elysée, sait qu’à droite, on suit un panache blanc de chef ! On ne suit pas le représentant d’une tendance qui aurait gagné une compétition interne et sur une ligne. Donc il s’attache à embrasser tout le champ idéologique de son parti et surtout à ressembler à un chef, en se différenciant le plus possible du chef actuel, N. Sarkozy… et ce n’est pas le plus dur. Il peut parfois paraître droitier, avec des postures d’autorité assez dures, classique, père de bonne famille nombreuse catho. Puis, gayfriendly, rétif à la remise en cause du droit du sol ou à l’obsession identitaire. Il peut être écrivain-diplomate ou buveur de bière au zinc d’un bar populaire de son département de l’Eure.

A-t-il une chance de gagner la primaire ?

Je n’en ai aucune idée. Mais si la France de droite et du centre est assoiffée de renouvellement, il a ses chances. Pour cela, il faudrait que ou Sarkozy ou Juppé s’effondre ou renonce…Au moins Le Maire peut nous servir de boussole pendant cette primaire. Pour savoir, dans les prochains mois, quel est réellement l’état du rapport de force Sarkozy/Juppé, il suffira de regarder de quel côté penche Lemaire. Il sera forcément complémentaire du favori. Si Le Maire penche à droite, c’est que Juppé( le modéré) domine, s’il penche au centre, c’est que Sarkozy(le droitier) a le vent en poupe. Car, pour un challenger, dans ce type de compétition, il faut se positionner en contre point du favori, pour l’affronter dans les meilleures dispositions politiques, au second tour de la primaire…ou pour le rallier efficacement, s’il reste le 3ème homme (comme Montebourg avec Hollande). Je sais que c’est le genre d’analyse qui le fait bouillir parce que, justement, B.Le Maire se construit sur l’image de la constance et l’indépendance. Sans se soucier de ses concurrents : la politique de l’offre, responsable, et non pas la politique de la demande, démagogique ou tactique… comme qui vous savez. Mais c’est illusoire, on ne fait pas campagne sous cloche. Bon, soyons bienveillant… Le Maire se placera plus ou moins à droite ou au centre en fonction de son principal adversaire, Sarkozy ou Juppé… et admettons que ce ne sera pas de la stratégie cynique mais simplement le jeu naturel de la mécanique des fluides politiques.

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