Donc, Emmanuel Macron a répondu aux 150 Français de la Convention citoyenne…Et on a l’habitude, après un discours de la sorte, de dire… "C’est un discours, attendons les actes !’ Là, il y a des engagements, des échéances… donc on est déjà entre le discours et les actes… plus près des actes…

Mais comme on dit chez le tailleur ‘faut le voir porter’. L’écologie macronienne est là, mais encore sur cintre. En dehors de trois propositions de la Convention, tout est accepté ! De ce point de vue, la promesse est tenue. 

Attention c’est un discours de transmission, le parlement aura à discuter, peut-être amender les mesures qui relèvent de la loi… même si Emmanuel Macron se réserve la possibilité d’utiliser l’arme référendaire s’il y a blocage. Ce qui est de l’ordre du décret sera proposé par le gouvernement.

Et puis il y aura de toute façon un référendum en 2021. La mécanique institutionnelle de l’application des mesures est là, vérifiable et les 150 auront leur mot à dire. Après, donc, tout dépendra de l’entrain du gouvernement, des moyens alloués. Tout peut se perdre (volontairement ou non) dans les détails et la grosse machine administrative… 

Exemple : le zéro artificialisation net des sols. C’est un principe qui veut qu’une municipalité n’étende plus son agglomération par la bétonisation pour installer une zone commerciales ou industrielles, sauf à dés-artificialiser autant de surface… Le principe est déjà dans la loi ! Mais il n’est pas appliqué. 

Les 150 proposent simplement de le faire appliquer ! Alors, oui, ça peut mettre en péril des emplois, dans un premier temps, bousculer un certain type de développement local. Mais le président n’est pas sur la ligne de beaucoup de caciques de droite, socialistes ou marcheurs qui, la semaine dernière, ont caricaturé, par paresse intellectuelle ou conservatisme, le travail des 150.

Peut-on dire qu’il s’agit d’un virage écologique d’Emmanuel Macron ?

On pourra le dire si ce qui est proposé est entrepris. Mais Emmanuel Macron ne semble pas encore faire de l’écologie l’axe, le but des deux années qui lui restent. Il fait (ou fera) de l’écologie mais il se refuse (pour l’instant) à relier les points de chacune de ses réformes, à en dessiner une cohérence globale, comme s’il y venait sous pression. 

Peut-être démentira-t-il cette analyse dans l’allocution qu’il fera début juillet après le remaniement ! Peut-être la cohérence, la vraie mue, viendra-t-elle lors de la campagne référendaire, en 2021 puisqu’il est prévu de modifier l’article 1 de la constitution en consultant les Français. Certains macronistes poussent pour que le président trouve enfin (avec l’écologie) une destination à son aventure politique, un ‘en même temps’ pertinent entre un nouveau productivisme et écologie

En marche ! Mais vers où ? C’est toujours la même question. Lui qui se réfère au général de Gaulle (et hier, dans son discours, aux Lumières) sait que la France n’est vraiment elle-même que quand elle porte une idée universelle. La France, son territoire, son art de vivre, ses compétences, aurait tout pour être la patrie matrice de l’écologie… Le discours d’hier était fourni en annonces fortes. Il n’était cependant pas encore le discours de la réinvention écologique.

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