Ce matin, la petite embellie dans les sondages pour le couple exécutif…

Oui et c’est vrai qu’en dehors de la période de l’offensive au Mali, qui a fait office -en terme de popularité- de palier de toboggan, Hollande et Ayrault n’ont pas eu de répit dans leur dégringolade ! Depuis mai 2012 la courbe de popularité du Président plonge de façon inversement proportionnelle à celle de la pluviométrie dans le pays… Rassurez-vous, même si l’analyse des sondages relève souvent de la technique du doigt mouillé, je vais toute suite mettre fin à cette métaphore météorologique rabâchée s’agissant du « gouverner c’est pleuvoir » de François Hollande. Métaphore dont il use et abuse lui-même sous forme d’autodérision assez efficace. A quoi donc est due cette embellie sondagière ? Il y a l’hypothèse, dite, du « fond de la piscine ». Arrivé à un tel niveau d’impopularité un Président ne peut que remonter. Il atteint le noyau dur de son électorat. Une autre hypothèse, moins mécanique voudrait que le mariage pour tous donne au Président, l’image, enfin rassurante, de celui qui tient bon face à la rue. Persévérance et courage politique ! En l’occurrence, s’agissant d’une loi plutôt populaire (ou du moins acceptée) la vertu principale de François Hollande pendant ces débats houleux aura plus été la patience que le courage. Ce qui est certain c’est que ce frémissement de l’opinion n’a rien à voir avec une quelconque amélioration de la situation économique et sociale du pays. D’ailleurs quand les responsables politiques disent « je serai jugé sur ma capacité à faire baisser le chômage », c’est parce qu’ils ne peuvent pas dire autre chose et que c’est (on ose l’espérer) leur but principal.

Mais ce n’est pas vrai ? Ils ne sont pas jugés sur leurs résultats ?

Eh bien non… confère Jospin 2002. C’est bien connu, on n’est pas élu, ni réélu, ni même populaire sur un bilan… mais sur une personnalité, une autorité, une vision… une capacité d’incarnation du pays à un moment précis. Et de ce point de vue, on peut estimer que le regain (encore bien relatif), disons l’inversion de la courbe de popularité des deux têtes de l’exécutif se produit à un moment où, enfin François Hollande assume pleinement sa politique. Une politique pas forcément populaire -et dont on ne peut pas encore juger de l’efficacité- faite de sacrifices, de réductions de la sphère de l’Etat-providence et d’augmentation d’impôts. Une politique, de surcroît, qui ne ressemble pas exactement à ce qui était annoncé pendant la campagne… Mais une politique assumée ! La clarté, non pas dans le ciel (on a dit qu’on arrêtait avec ça) mais dans le rapport entre ce qui est dit et ce qui est fait, la lisibilité, bref, la cohérence est facteur de popularité relative. En confirmant explicitement, qu’il veut combattre les déficits, réformer les retraites, il se positionne nettement au centre gauche… en fait très au centre. Les mots et les choses sont en accord. Cette cohérence est aussi intellectuellement plus honnête que le flou artistique du début de mandat… mais elle butera sur les municipales avec les alliances PS/Front de Gauche. La cohérence nécessaire pour se faire élire n’est pas la même que celle qui prévaut pour gouverner ! C’est d’ailleurs autant de la faute des électeurs que des politiques ! Celui qui arriverait à faire coïncider parfaitement les deux cohérences serait une sorte de saint politique ! Je n’en ai pas encore vu…

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