Nicolas Sarkozy annonce une surprise de taille dans son programme qui sera connu la semaine prochaine !

Oui, il fait ce que l’on appelle en marketing du teasing… Il aguiche l’électeur, ou plutôt les journalistes. Les proches du Président nous disent, en ce moment, avec gourmandise : « vous allez voir, lundi, il va vous scotcher avec ses propositions ». On ne nous explique pas « vous allez voir, nous avons trouvé une solution pour régler le problème du chômage » ! On ne sait même pas si ce sont les propositions elles-mêmes ou la forme avec laquelle elles seront annoncées qui devraient nous éblouir. C’est dire si la confusion forme/fond atteint des sommets. Le pire, c’est que tout le week-end, une bonne partie des journalistes politiques et économiques vont se démener pour trouver, avant les autres quelle est cette surprise. Attention quand même dimanche c’est le 1er avril. La coïncidence serait trop belle !

En fait, nous avons tendance, nous, commentateurs politiques à nous repaître des questions stratégiques plutôt que politiques dans cette campagne. Alors il n’est pas inutile d’essayer de retirer le papier peint de la communication pour mettre à nu les arrières pensées et discerner ce qui relève de l’incantatoire, de la posture, voire de la mystification et ce qui relève de la vraie politique, du débat idéologique ou économique nécessaire au pays, seulement, on ne fait plus le tri et la dextérité du stratège est plus commenté que les propositions du politique. Du coup, des attitudes manipulatrices, voire intellectuellement malhonnêtes nous paraissent totalement naturelles. On peut même être épaté par une belle stratégie, saluer l’artiste et oublier que, bien souvent cette stratégie est la marque de convictions flottantes, de soumissions à l’air du temps et aux sondages. En ce moment, par exemple, on se demande à longueur de colonnes si Nicolas Sarkozy va opérer un virage au centre pour tenter de récupérer les modérés qui lui font défaut, ou bien alors si François Hollande va faire des propositions plus à gauche pour concurrencer Jean-Luc Mélenchon. En somme, on se demande s’ils vont changer de discours ou de convictions au gré des circonstances et ça nous parait normal !

Mais ce sont de vraies questions ! Et l’issue du scrutin dépend en partie de la réponse !

Oui mais ces interrogations relèvent d’un cynisme ahurissant. On ne s’en rend même plus compte. Les entourages d’ailleurs nous parlent de leur stratégie le plus naturellement du monde. L’étalage de ces stratégies fait partie de la stratégie. Le fait d’apparaître pro de la politique, plus malin que les autres est considéré comme étant un avantage déterminant. Comme si être bon candidat était plus important que bon gouvernant. Le stratège a comme but l’efficacité électorale de son candidat mais le commentateur n’a pas la même ambition, normalement. Au fond, quelle est la question importante pour un candidat ? « Que faut-il que je propose pour redresser le pays ? » ou « que faut-il que je propose pour être élu ? ». J’ai conscience, rassurez-vous, du caractère bien naïf de cette alternative ainsi posée, le candidat se pose ces deux questions à la fois… mais il semblerait que la deuxième proposition (que faut-il que je propose pour être élu ?) gagne du terrain sur la première. Et ce ne sont pas nos commentaires admiratifs de ces stratégies qui contrecarrent cette triste tendance.

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