Les patrons des grands groupes contre la réforme.

Oui, les dirigeants des géants français de l’industrie ou leurs représentants tiennent toujours des discours très réformateurs. Ils répètent qu’il faut desserrer l’étau des contraintes, favoriser l’initiative et les énergies. Ils se plaignent que la France se réforme à petits pas, dans un monde qui bouge. Ce n’est pas forcément faux : la réforme en France est lente et lourde. Le réflexe du tout ou rien, la culture de l’affrontement, les lobbies, les situations de rentes, les statuts, le conservatisme que chacun se renvoie, le goût du pavé ou pneu incendié… On connaît par cœur les termes de ce débat et les mécanismes de l’immobilisme français. Mais, les patrons de Peugeot et Renaud, en acceptant, pour eux-mêmes, des augmentations faramineuses, se sont montrés les premiers agents bloquants, les anti-réformes les plus puissants.

Pourquoi ? Quel rapport ?

Ces augmentations vont (ce serait logique, pour ne pas dire normal) rendre encore plus impopulaire la loi El-Khomri que le Medef réclame et soutient. Pierre Gattaz répète qu’il faut bien récompenser les héros de l’industrie, alors que les vrais efforts humains ont été consentis par les salariés et les licenciés, les sacrifiés sur le peut-être nécessaire hôtel de la compétitivité. En s’augmentant éhontément, les patrons des fleurons de l’industrie accentuent le sentiment d’injustice et de dégoût qui étreint bon nombre de salariés et chômeurs. C’est en ce sens que le patronat est, par son absence totale d’exemplarité, facteur de blocage. Les Français ont consenti (de plus ou moins bonne grâce) des efforts pour la compétitivité. Et maintenant, alors que le gouvernement a toutes les peines du monde à convaincre que sa politique de baisse des charges n’est pas un « cadeau aux patrons », voilà que les dirigeants de fleurons populaires de l’industrie se rajoutent des zéros à leur salaires déjà inconcevables. Ces augmentations constituent le pendant patronal du réflexe « noniste » permanent de la CGT ou de FO, en matière de réforme. Les patrons des grands groupes français semblent de plus eux-mêmes irréformables. Comparé au personnel politique que l’on fustige et moque sans cesse, les grands patrons restent des élites inatteignables, « in-interviewables » sans le filtre de leurs armées de communicants et d’avocats. Ils verrouillent toujours tout autour d’eux quand les politiques, enfin, cessent de cumuler et plafonnent leurs revenus. Alors que plus aucun homme politique n’oserait tenter d’intimider une rédaction, les patrons de grands groupes continuent de menacer de couper les budgets pubs, quand l’information ne ressemble pas à leur communication. Les politiques perdent du pouvoir. Ils subissent la moquerie, la critique et la sanction dans les urnes s’abat sur eux. Ce sont les dirigeants des grands groupes qui récupèrent les manettes du pouvoir réel. Pouvoir et responsabilité devraient aller de pair. Les grands patrons, par leur attitude, leur déconnection ou désintérêt de ce que peut ressentir la grande masse des Français, sont les premiers responsables des blocages qu’ils déplorent.

s des géants français de l’industrie ou leurs représentants tiennent toujours des discours très réformateurs. Ils répètent qu’il faut desserrer l’étau des contraintes, favoriser l’initiative et les énergies. Ils se plaignent que la France se réforme à petits pas, dans un monde qui bouge. Ce n’est pas forcément faux : la réforme en France est lente et lourde. Le réflexe du tout ou rien, la culture de l’affrontement, les lobbies, les situations de rentes, les statuts, le conservatisme que chacun se renvoie, le goût du pavé ou pneu incendié… On connaît par cœur les termes de ce débat et les mécanismes de l’immobilisme français. Mais, les patrons de Peugeot et Renaud, en acceptant, pour eux-mêmes, des augmentations faramineuses, se sont montrés les premiers agents bloquants, les anti-réformes les plus puissants.

Pourquoi ? Quel rapport ?

Ces augmentations vont (ce serait logique, pour ne pas dire normal) rendre encore plus impopulaire la loi El-Khomri que le Medef réclame et soutient. Pierre Gattaz répète qu’il faut bien récompenser les héros de l’industrie, alors que les vrais efforts humains ont été consentis par les salariés et les licenciés, les sacrifiés sur le peut-être nécessaire hôtel de la compétitivité. En s’augmentant éhontément, les patrons des fleurons de l’industrie accentuent le sentiment d’injustice et de dégoût qui étreint bon nombre de salariés et chômeurs. C’est en ce sens que le patronat est, par son absence totale d’exemplarité, facteur de blocage. Les Français ont consenti (de plus ou moins bonne grâce) des efforts pour la compétitivité. Et maintenant, alors que le gouvernement a toutes les peines du monde à convaincre que sa politique de baisse des charges n’est pas un « cadeau aux patrons », voilà que les dirigeants de fleurons populaires de l’industrie se rajoutent des zéros à leur salaires déjà inconcevables. Ces augmentations constituent le pendant patronal du réflexe « noniste » permanent de la CGT ou de FO, en matière de réforme. Les patrons des grands groupes français semblent de plus eux-mêmes irréformables. Comparé au personnel politique que l’on fustige et moque sans cesse, les grands patrons restent des élites inatteignables, « in-interviewables » sans le filtre de leurs armées de communicants et d’avocats. Ils verrouillent toujours tout autour d’eux quand les politiques, enfin, cessent de cumuler et plafonnent leurs revenus. Alors que plus aucun homme politique n’oserait tenter d’intimider une rédaction, les patrons de grands groupes continuent de menacer de couper les budgets pubs, quand l’information ne ressemble pas à leur communication. Les politiques perdent du pouvoir. Ils subissent la moquerie, la critique et la sanction dans les urnes s’abat sur eux. Ce sont les dirigeants des grands groupes qui récupèrent les manettes du pouvoir réel. Pouvoir et responsabilité devraient aller de pair. Les grands patrons, par leur attitude, leur déconnection ou désintérêt de ce que peut ressentir la grande masse des Français, sont les premiers responsables des blocages qu’ils déplorent.

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