Manuel Valls a donc annoncé qu’il votera Macron, avalisant ainsi la fracture ouverte au PS.

Il avait le choix (c’est souvent le cas en politique) entre deux trahisons. Soit trahir sa signature de candidat à la primaire, soit trahir ses convictions. Manuel Valls en a la certitude : à trois semaines du scrutin, rien n’est joué et si Emmanuel Macron ne consolide pas sa position, un 2ndtour Fillon/Le Pen est possible avec, à la clé, une bonne chance pour l’extrême droite de gagner l’élection. La loyauté à ses camarades ou ses idées, c’est le dilemme classique. Il a choisi.

Manuel Valls s'est rangé derrière Macron

Il a, comme François Bayrou, constaté que le créneau politique auquel il croit et qu’il cherche à incarner depuis des années, est occupé, et de façon autrement plus efficace, par un autre. Manuel Valls se range donc derrière Emmanuel Macron. Ce que Valls (ou Bayrou) font pour les centres gauche et droit, ni Hamon ni Mélenchon n’ont voulu le faire pour leur camp. Ceux qui crient à la trahison (et avec quelle violence !) n’ont pas réussi à se donner les moyens de gagner et à saisir l’opportunité historique de donner une chance à la gauche rénovée d’écologie, en se regroupant derrière un candidat. L’appel désespéré, hier, de Hamon à Mélenchon est vain.

Le PS paie là, des années de synthèses artificielles, la différence entre ses discours toujours plus à gauche et ses actes. Les uns regrettent que le discours ait été trop à gauche, les autres que les actes aient été trop à droite ! Toujours est-il que le PS n’a pas su choisir (la primaire n’a tranché qu’une question d’hommes). Le choix se fait donc, hors les murs du parti pivot de la gauche, entre Mélenchon et Macron. La différence, c’est que de leur côté, les modérés savent se regrouper bon an mal an derrière leur favori.

Une vraie recomposition politique ou une alliance de circonstance, pour faire barrage au FN ?

A écouter Manuel Valls, la principale raison de son choix c’est l’urgence face au FN. Ce n’est donc pas, comme pour François Bayrou, un passage de flambeau définitif. Valls espère aussi incarner la branche sociale-démocrate d’une majorité macronienne. Macron est un pôle d’attraction pour les modérés de droite ou des citoyens peu ou pas politisés jusque-là, alors qu’il est surtout un réceptacle pour les modérés d’une gauche fracturée, soucieuse de contrer la vague FN. Mais un constat s’impose, quelles ques soient les motivations de ceux qui le rejoignent, Emmanuel Macron est en train de réussir son coup. Ceux qui pensaient qu’il s’agissait d’une bulle assistent au décollage d’une Montgolfière ! C’est à dire d’un joli objet volant, mais dont personne ne sait quelle direction il prendra une fois en l’air !

Manuel Valls à l'initiative d'un schisme

Manuel Valls, ancien chef de la majorité, initie le schisme au sein de son parti. Cet acte, cruel pour le candidat socialiste, rencontre certainement un écho chez bon nombre d’électeurs habituels du PS, sous les crânes desquels s’est déclenchée une tempête comme le montre les forts taux d’incertitude du vote à gauche. Et même si pour préserver son carburant le plus efficace, le renouveau, Macron tient Valls à distance, ce dernier, par son acte et son poids politique, vient de confirmer que oui, mai 2017 sera le point de départ d’une vaste recomposition.

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