Cela faisait une dizaine de jours que Nicolas Sarkozy tentait de maintenir le suspens autour de l’officialisation de sa candidature à l’élection présidentielle. Suite et fin ce matin, la suprise autour de l’annonce du futur candidat n’aura pas résisté bien longtemps. Elle aura fait pschitt ! Voilà quatre ans et demi qu’il s’y prépare… Cette annonce de candidature devait être un acte fondateur… Le point de départ d’une nouvelle relation avec les Français, comme il l’a annoncé lui-même… Nicolas Sarkozy l’a tellement désirée, tous les matins en se rasant, qu’il ne pouvait pas se prendre les pieds dans le tapis. Mais le secret a été éventé. Alors, que s’est-il passé ? En début de semaine, Jean-Pierre Caillard, président du quotidien La Montagne suggère à Brice Hortefeux, ami de Nicolas Sarkozy, ministre délégué aux collectivités locales, élu d’Auvergne, l'idée d'une interview dans son journal. Comme le fit Jacques Chirac en 1995, dans la Voix du Nord. Mais en beaucoup plus fort: pourquoi ne pas proposer cet entretien au SPQR, le syndicat national de la presse quotidienne régionale ? Le SPQR pèse 61 titres en France, plus de dix-huit millions de lecteurs ! Nicolas Sarkozy ne cherche pas forcément une idée nouvelle, tout a été fait, la question n’est pas d’être original, mais d’être efficace, a-t-il dit. Va donc pour la PQR ! L’entretien a lieu hier matin place Beauvau, avec six représentants des journaux concernés. Mais comment ensuite garder un secret distribué à 61 rédactions? C’est là, la limite de la comm pour la comm. Quelqu’un a "fuité" - comme on dit - l’interview. La suite est connue: Libération l'a publiée hier soir. Le piratage s'est produit le jour de l’anniversaire de Jacques Chirac, justement ce que voulait éviter la place Beauvau. De plus, certains titres régionaux comme Sud-Ouest ont protesté contre la méthode de l'interview collective. Non seulement la surprise a été gâchée, mais en plus par un quotidien national ! Pour la France profonde, c'est raté. Le futur candidat pouvait se contenter de l’émission ce soir sur France 2 pour dire : oui, comme Mitterrand en 88 face à Henri Sannier et Paul Amar sur la même chaîne. Et bien non... L'évènement annoncé laisse perplexe... Certes, l’annonce n’est pas la campagne. Nicolas Sarkozy, par ailleurs, partage avec Jacques Chirac cette capacité à rebondir, à surprendre dans l’adversité, dans les moments les plus difficiles. C’est là sa force. Il lui reste donc la séance de rattrapage ce soir. Une émission en direct, sans filet, ce qu’il sait faire. S’il veut faire oublier ce faux-pas symbolique. Ce sera aux Français de juger. Une chronique de Jean-François Achilli.

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