Comme toujours, Ségolène Royal arrive à surprendre et à réapparaitre à un moment où on ne l’attendait pas. Pourquoi donc se décider un an et demi avant l’échéance? En fait, il y a une certaine logique. Ségolène Royal, qui a rencontré Dominique Strauss-Kahn quand celui-ci est venu à Paris au début du mois a compris, ce que tout le monde commence à comprendre : Dominique Strauss-Kahn est très tenté de se présenter. Il ne peut pas le faire avant la fin du G20, c'est-à-dire avant fin mai. Ségolène Royal a donc six mois pour ressusciter. La semaine dernière, la présidente de Poitou-Charentes avait plaidé pour l’accélération du calendrier des primaires. Martine Aubry est d’un avis contraire pour deux raisons : d’abord parce que, dit-elle, si le (ou la) candidate est désignée en novembre 2011, il (ou elle) sera de plein pieds dans la campagne, dynamisé(e) par le vote populaire que les socialistes espèrent massif. L’autre raison, c’est que plus le candidat est désigné tardivement, plus Dominique Strauss-Kahn a la possibilité de se présenter. Résumons : Dominique Strauss-Kahn n’est pas là et personne ne peut affirmer que Martine Aubry soit assez motivée pour entrer dans cette bataille féroce. Le flair politique de Ségolène Royal a donc conduit la candidate de 2007 à se déclarer rapidement candidate de 2012. Ségolène Royal se retrouve, pour l’instant la seule personnalité de poids du PS à être candidate. Et même si François Hollande fait mieux dans les sondages que son ex-épouse face à Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal bénéficiera de l’aura évidente de l’ancienne candidate. A partir de maintenant et pendant six à sept mois, Ségolène Royal sera LA candidate du PS... Les autres ne seront que des outsiders… Tout ça est très tactique, en fait...Oui et peut-être trop. C’est ça le problème. Il s’agit d’une candidature à la présidence de la République, ce n’est pas rien alors que l’annonce surprise sent vraiment beaucoup l’opportunité tactique, le bon coup. On verra quel est le discours qui accompagne cette candidature surprise. Vu comme ça, on pourrait se dire que le PS a enclenché la fameuse machine à perdre mais en réalité, puisqu’il y a des primaires, il y a un cadre et un réceptacle pour résoudre ces divisions et les recycler en sélection organisée. Ça peut engendrer des dégâts si les règles ne sont pas respectées, ça peut aussi conduire à une consolidation du candidat qui sera finalement choisi, si les règles de bonnes conduites présentées la semaine dernière sont scrupuleusement suivies par tous. Le tableau des primaires socialistes se dessine petit à petit. Il s’est accéléré sous la pression conjuguée de la mobilisation contre la reforme des retraites et la formation d’un gouvernement politiquement resserré à la façon d’un pack. Donc nous avons Manuel Valls et Arnaud Montebourg, sans doute François Hollande, peut-être Pierre Moscovici… et puis Ségolène Royal, d’autres suivront certainement et en juin (normalement) Martine Aubry ou Dominique Strauss-Kahn. Les primaires de l’automne se dérouleront en deux tours. Martine Aubry ou Dominique Strauss-Kahn sont pour l’instant favoris mais ça peut changer puisque Ségolène Royal est maintenant au centre de la piste… Toutes les alliances sont possibles avant la fin sauf une : entre Ségolène Royal et François Hollande mais là ça n’a rien de politique. Je verse dans le psycho-people… donc je m’arrete là.

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