La collision de deux actualités puissantes : les attentats et la COP 21.

Hasard terrible du calendrier. Le djihadisme islamiste, la menace climatique : deux fléaux aux accents apocalyptiques qui nous menacent. Le 1er ne peut pas nous vaincre directement mais (si nous ne réagissons que par réflexe et esprit belliqueux), il peut nous amener à nous refermer, à saper nous-mêmes nos propres libertés, nous plonger -si nous n’y prenons pas garde- dans un identitarisme défensif, facteur de guerre civile... bref à nous autodétruire. De même, pour faire face à l’autre menace, la menace climatique, si nous ne changeons pas de raisonnement, si nous continuons à être des shootés de la croissance carbonée, nous nous autodétruirons. Le terrorisme, mal combattu, peut amener à ce que nous sabordions nous-mêmes ce que nous sommes, la question climatique pas traitée peut amener à ce que nous sabordions la planète.

Il y a donc une hiérarchie des périls !

C’est sans doute difficile à accepter, alors qu’on est encore sous le choc des tueries du 13…mais oui, il y a une hiérarchie : le réchauffement climatique nous menace bien plus que le terrorisme. Le réchauffement implique des décisions bien plus drastiques, des remises en cause de notre façon de vivre. Aucune perquisition, aucun bombardement, aucun méchant barbu arrêté, aucun plan Marshall des banlieues ne règleront la question. Combattre les dérèglements du climat implique des décisions moins consensuelles que de faire la guerre au terrorisme. Pourtant ce sont des décisions qui peuvent ne pas être efficaces si elles sont simplement autoritaires. En dehors des écologistes, les partis de gouvernement, quand ils sont dans l’opposition, en phase de conquête du pouvoir, parlent peu du climat. En ce moment, à LR (au parti Les Républicains), on ne dit rien sur le sujet (à part peut-être NKM et A.Juppé). Le seul qui y consacre tout son temps, à droite, c’est JL.Borloo. Du coup, il a abandonné toute idée de se faire élire ! Pas une ligne dans le bestseller de F.Fillon. Il n’en est plus jamais question dans les meetings de N.Sarkozy. Avant 2012, ce n’était pas non plus la came de F. Hollande. En revanche, quand ils sont présidents, un sens de la responsabilité historique semble s’abattre sur leurs épaules. C’était la préoccupation principale et obsédante de J.Chirac, lors de ses derniers mois à L’Elysée. N.Sarkozy a fait le Grenelle de l’environnement, et là, le productiviste Hollande préside, à son initiative, la réunion internationale la plus ambitieuse jamais organisée sur le climat. Le président est donc confronté, aujourd’hui, aux deux périls qui ne se combattent pas de la même manière. Pour lutter contre le terrorisme, il faut affirmer fièrement ce que nous sommes et le défendre. Pour lutter contre le réchauffement climatique il faut –au contraire- changer nos habitudes, révolutionner notre économie. Il nous faut donc mener une guerre et une révolution en même temps. Toutes deux d’un nouveau type. On est bien au-delà de l’ambition de ce mandat : inverser la courbe du chômage…

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