L'incendie du bus samedi à Marseille soulève l'indignation dans toute la classe politique. Campagne pré électorale oblige, un homme est pris pour cible par l'opposition : Nicolas Sarkozy. Hier François Hollande l'a accusé d'être "un ministre de l'Intérieur à temps partiel". Une accusation qui n'a pas fini de poursuivre l'intéressé. Et pour une fois, il n'y a pas eu besoin de débat entre socialistes. Tous ont pris pour cible le ministre de l'intérieur. Dominique Strauss Kahn a été le plus rapide à réagir, Laurent Fabius le plus cavalier "Nicolas Sarkozy commence à me chauffer les oreilles, a-t-il dit, il est dans la propagande mais dans les faits cela n'avance pas". Ségolène Royal a peut être été la plus cruelle en soulignant le "grave échec de l'autorité de l'état", mais surtout en mettant dans le même panier Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie et Nicolas Sarkozy, ce que le troisième ne saurait souffrir. Ce qu'on a vu hier, même s'il devait apparaître que l'incident dramatique de Marseille n'est qu'un acte isolé comme l'affirment aujourd'hui les autorités locales, ce que l'on a vu c'est la stratégie du PS à long terme : souligner, marteler, tambouriner, l'impossible posture de Nicolas Sarkozy. Car le candidat Sarkozy a un problème, il est effectivement ministre de l'Intérieur. Et il a choisi de le demeurer. Et s'il ne saurait bien entendu être coupable de tout ce qui se passe en banlieue ou ailleurs, il est néanmoins comptable des échecs comme des réussites de sa mission. Il agit certes, sa réponse au drame de Marseille a été d'envoyer deux compagnies supplémentaires de CRS, et ce matin il sera à Matignon aux côtés du premier ministre pour la réunion sur les transports et la sécurité. Mais il est redevable des effets de son action. Impossible posture, car imaginez une seconde qu'il abandonne son ministère, il ne serait pas quitte pour autant de son bilan et perdrait tout à coup ses moyens d'action. Impossible posture donc qui fait que Nicolas Sarkozy ne sait plus très bien où est sa place. Son déplacement en Lozère vendredi pour éviter crânement la date anniversaire des émeutes de l'an dernier, avait quelque chose de surréaliste. C'était peut être la place d'un candidat, pas celle du ministre de l'Intérieur. Si lui affirme avoir tranché le débat, Nicolas Sarkozy veut être partout, à l'UMP, au ministère, et candidat en prime, certains de ses amis n'en finissent pas de souligner les risques d'une telle stratégie. Alors que les français veulent un homme nu qui se présente à eux pour la présidentielle, "un homme à poil, à genoux et des fleurs dans les mains" comme le décrit poétiquement un de ses proches, "Nicolas Sarkozy fait campagne, accoutré de son casque de CRS, de ses flashballs et de ses gros godillots noirs". Chaque incident, minime ou gravissime qui se produira pendant les 6 prochains mois sera mis au débit du premier flic de France; et plus ça ira, plus le candidat aura du mal à s'affranchir de son double encombrant.

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