L'édito politique par Françoise Degois. ____J moins 5 avant les élections américaines et la victoire de Barack Obama ou de John Mac Cain. La fièvre Obama a gagné le monde, notamment la France, où la classe politique en fait des tonnes sur le candidat "black". Heureusement ! Heureusement que le vote des militants du PS a lieu le 6 Novembre. Heureusement que les socialistes sont coincés dans leur fin de campagne... Sinon ? Et bien sinon, nous aurions probablement eu droit au défilé des pénitents blancs au QG des démocrates à Chicago. Comme des papillons cherchant un peu de lumière auprès de l'astre Obama, qui emballe la planète et particulièrement les socialistes. Vous n'en trouverez pas un, ou alors il faut chercher longtemps, pour ne pas saluer, peut-être un peu trop vite, d'ailleurs, le miracle américain qui s'annonce. Laurent Fabius, qui l'a rencontré il y a fort longtemps à Chicago où il donne des cours, Laurent Fabius vous le dit droit dans les yeux : il dégageait déjà quelque chose que les autres n'ont pas. Martine Aubry s'enthousiasme pour le discours d'Obama et sa volonté d'en finir avec l'arrogante suprématie américaine. La maire de Lille passera d'ailleurs la soirée du 4 novembre avec les démocrates à Paris. Ségolène Royal, elle, l'a vu, en meeting à Boston en février dernier, la veille du superstuesday. Rien n'était encore joué avec Hillary Cliton. Un peu déçue par le manque de substance du discours, avoue-t-elle, mais emballée par l'élan de la base face à l'appareil démocrate... suivez mon regard. Bertrand Delanoé, qui a signé pour son comité de soutien, est le seul aujourd'hui à mettre publiquement un bémol : en rappelant que Barack Obama reste pour la peine de mort et le commerce des armes. Bref, le PS vote Obama qui est de gauche comme je suis archevêque ! Mais l'UMP aussi jette son surmoi par dessus les moulins et s'abandonne avec ivresse à l'obamania la plus torride. L'un de ses portes paroles, Frédéric Lefèvre, se fait filmer, courant à petite foulée avec son tee shirt Obama. Et le député Hervé Mariton aura beau dénoncer la dérive gauchiste de ses camarades - si si, on ne rit pas - tous ou presque se relaient pour passer le message : Nicolas et Barack même combat. La jeunesse, la volonté de secouer le cocotier, la force vitale, le show, le charisme... Et caeteri et caetera... Il est vrai que lors de sa visite à Paris, en juillet dernier, le candidat démocrate a réservé ses plus beaux sourires au chef de l'état, évitant de croiser, même une minute, une délégation socialiste. Sympa, d'ailleurs, pour John Mac Cain, reçu poliment quelques semaines auparavant. Mac Cain pourtant copain de Georges Bush pourtant copain de Nicolas Sarkozy. On s'y perd un peu. Tous fous d’Obama, on l’aura compris, OUI MAIS, parce qu’il y a un hic. Oui parce que c'est bien joli de plebisciter un black à la Maison Blanche, mais il serait peut-être judicieux de balayer devant notre porte. Combien de députés ou de sénateurs black, ou beurs ? Poser la question c'est déjà y répondre : une poignée seulement. Bien sûr, on m'objectera qu'il y a des symboles à des postes clé : Rachida Dati, Fadela Amara, Rama Yade. C'est vrai. Mais la clé se trouve dans les élections. Combien de candidats issus de l'immigration ont été investis dans des circonscriptions vraiment gagnables, que ce soit au PS ou à l'UMP ? Quasiment aucun. Alors, pardon, Mesdames et Messieurs mais y'en a un peu marre de cette hypocrisie française qui célèbre Barack Obama et vérouille son coffre électoral. Black is beautiful... surtout de l'autre côté de l'Atlantique.

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