Vous l’avez sans doute entendu hier matin sur France Inter ou vu sur vos écrans...

Illustration pour "Histoires politiques"
Illustration pour "Histoires politiques" © Radio France

L’air un peu las, la voix faible, la mine sombre Jean-Luc Mélenchon constate qu’en 5 mois Emmanuel Macron a fait passer ses réformes "pour l’instant c’est lui qui a le point, il ne faut pas chercher à le cacher, si on raconte des histoires on n’est pas crédibles"... Bien sûr dans cette prose dépitée il y a le "pour l’instant" façon de concéder une défaite à la première manche mais en envisageant une revanche « on peut espérer reprendre, si la jeunesse se met en mouvement ça y est c’est parti, mais ça n’est pas le cas"... Mélenchon persiste et signe, il y a 2 semaines il craignait sur son blog "la victoire de Macron par KO" et aujourd'hui il semble bien groggy...

La situation est si difficile que cela pour Jean-Luc Mélenchon ?

Sur le front social, oui... Les ordonnances réformant le code du travail sont entrées en vigueur et seront validées sans difficulté au Parlement, la mobilisation dans la rue n’a pas renversé la situation, les défilés des syndicats ont rassemblé de moins en moins de gens, la marche des insoumis à Paris fut une honnête démonstration mais pas un ras-de-marée et la promesse mélenchonienne de mettre 1 million de manifestants sur les Champs-Elysées sonne toujours dans le vide... 

Aujourd’hui donc, Mélenchon en appelle à la jeunesse pour rallumer le mouvement social, deux semaines après avoir fait la leçon aux syndicats "ancien monde, impuissant à vouloir changer quoi que ce soit" toujours dans son blog... Le candidat aux 7 millions de voix à la présidentielle s’en remet aux jeunes et aux syndicats avec une dose de mauvaise foi (renvoyer la responsabilité de l’échec à d’autres), une dose d’idéalisme (la convergence des luttes) et aussi de realpolitik car il est un expert en rapports de force...

Jean-Luc Mélenchon en est donc réduit à entretenir les braises du mouvement social ?

Les syndicats l’on déçu, il s’en remet à la jeunesse, on verra bien si la réforme de l’entrée à l’université peut servir d’allumette... A l’Assemblée les députés Insoumis sont travailleurs, appliqués et ont le sens de la communication... Mais ils sont largement minoritaires.. Une minorité politique que n’a pas compensé le mouvement social et c’est sans doute pour l’instant le véritable échec de Mélenchon... L'échec de ce que j'appellerais "la politique intégrale des Insoumis" : à l’Assemblée et dans la rue...

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