Oui, Claude Bartolone a dit tout haut (visiblement ça lui est venu comme ça) ce que la direction du PS pense. C'est-à-dire que Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry ne s’affronteront pas. Ce sera l’un ou l’autre et ils le décideront entre eux. Dire ça et affirmer que les primaires seraient alors une opération de ratification c’est tenir les autres candidats pour des personnages secondaires. Donc, si cette déclaration a rassuré les militants et les sympathisants du PS, qui ont toujours besoin que soit réaffirmé le fait qu’il n’y aura pas de guerre de chefs, elle a vexé et exaspéré les autres candidats aux primaires. François Hollande principalement puisque l’ancien premier secrétaire du PS progresse en ce moment dans l’opinion et que pour l’instant c’est certainement celui qui est le plus avancé en termes de propositions, notamment en matière fiscale. Sur ces questions, le PS n’a pas encore tranché clairement même si hors-micros, les responsables socialistes se montrent particulièrement catastrophés par la situation financière du pays. Et il y a au PS, toujours deux visions qui s’opposent sur les solutions à apporter à la crise ? Oui et elles peuvent cohabiter dans l’opposition mais pas au pouvoir. Individuellement, les socialistes tranchent mais collectivement, ils sont tiraillés entre prôner une relance par la consommation (donc une politique moins orthodoxe par rapport aux déficits) et dessiner les contours d’une rigueur de gauche. Cette dernière option progresse, en ce moment, tout en étant plus compliqué à élaborer puisqu’elle consiste à faire des choix, des tris dans les priorités… et donc des sacrifices. Elle apparaît pourtant plus réaliste, non pas d’un point de vue économique (les partisans de la rigueur comme ceux de la relances ont des arguments, chacun peut se faire une opinion)… il s’agit plutôt, instruit que nous sommes par l’expérience des périodes de gauche au pouvoir depuis 1981, il s’agit plutôt de cohérence entre les propos de campagne et la façon dont les socialistes gouvernent... Souvent, la campagne a été plus à gauche que l’exercice du pouvoir. On est donc en droit de demander aux socialistes d’adapter, le prochain coup, soit leurs actes à leur discours, soit leur discours à leurs actes. Pour en arriver là, rien de tel qu’un débat interne mais au grand jour entre les tenants d’une politique de relance et les tenants d’une rigueur de gauche. Le problème c’est que pour l’instant les candidats en lice, ou potentiellement en lice sont plutôt de la seconde famille. Mais Aubry ou Royal, par exemple; peuvent encore parfois jouer la surenchère à gauche alors qu’il parait évident qu’elles appliqueraient une politique budgétaire rigoureuse (comme le prônent déjà Hollande ou Valls) ne serait-ce que pour rester dans les clous des engagements européens qu’aucun d’entre eux ne remet en cause. S’il y avait un Emmanuelli ou un Hamon pour défendre, lors des primaires les thèses plus purement keynésiennes, ça obligerait à une clarification et finalement à plus d’honnêteté de la part des socialistes en vers les électeurs. La question du Choix entre François Hollande et Martine Aubry ou Ségolène Royal est certes intéressante mais elle resterait du domaine du casting s’il n’y avait, en même temps et devant nous un choix fait entre les deux politiques qui s’expriment encore parfois dans les même discours des leaders socialistes. Une question qui, de toute façon, et compte-tenu de son fonctionnement, ne pourrait pas être tranchée par les instances classiques du PS.

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