Encore un rapport du GIEC qui confirme le réchauffement climatique et précise les menaces…

Oui, c’est un rapport qui fait moins de « unes » que l’affaire de la petite Fiona ou le couac Duflot/Valls ! Intéresser à ce rapport doit être aussi aisé que de vendre un traité de méditation transcendantale dans les gradins du kop de Boulogne du PSG ! Bref c’est un rapport qui fatigue tout le monde et suscite toujours des doutes. La monté des défiances vis à vis de tout ce qui peut faire autorité, touche particulièrement les questions d’environnement. Il suffit d’évoquer ce rapport pour que, tout de suite, on vous signale tel physicien anglais, ou tel géologue danois qui considère que le réchauffement climatique n’est pas d’origine humaine ou qu’il n’est pas si grave. Il se trouve que le GIEC fait une synthèse de plus de 9200 études scientifiques, menée par des chercheurs de tous les continents, citoyens de pays aux intérêts divergents ou contradictoires… et que cette synthèse aboutit à une conclusion qui n’arrange personne, surtout pas les plus puissants, surtout pas les plus riches, donc surtout pas ceux qui auraient les moyens de faire pression. Le réchauffement est le fait de l’activité humaine, c’est une certitude à 95%, dit le rapport. Tous ceux qui remettent en cause ce qui n’est pas une opinion mais un travail scientifique sans précédent, par son ampleur depuis 1988, sont, en réalité à mettre au rang des conspirationnistes et autres négationnistes. Il faut dire que si l’on tient pour acquis que le réchauffement de la planète est dû à la façon dont nous vivons, produisons, consommons et nous déplaçons… alors il faut tenir pour acquis que nous devons changer la logique même de notre économie. Ça paraît absolument insurmontable donc nous préférons ne pas croire et nous fabriquer des arguments pour ça.

Mais les responsables politiques ne remettent pas en cause les conclusions du Giec, au contraire…

C’est vrai. Du Front de gauche à l’UMP, tous les partis (sauf le FN) croient aux conclusions du GIEC. Nous sommes donc dans la situation décrite par Jacques Chirac en son temps : « la maison brûle et nous regardons ailleurs ». Nous ne réorientons pas notre économie avec la vigueur que devrait imposer la situation climatique. Il y a bien sûr les conflits de temporalité entre les exigences du court terme (le chômage) et celles du long terme, la lutte contre le changement climatique. Mais l’un des freins les plus puissants aux changements nécessaires provient du sentiment que nos réformes, même radicales seraient vaines alors que nous ne sommes qu’un tout petit pays (et même un tout petit continent) au regard de la planète. Les autres, notamment les pays émergents ne seraient pas aussi vertueux que nous, donc à quoi bon faire des efforts qui seraient effacés par l’inconscience collective ? Tout comme le respect du pacte social ou du pacte civique est une sommes d’attitudes individuelles -ne pas abuser de l’optimisation fiscale, ne pas abuser du contournement de la carte scolaire, par exemple- l’écologie est aussi une somme d’attitudes individuelles. Mais si, au-dessus de l’individu il n’y a que l’Etat pour les questions de fiscalité ou d’éducation… au-dessus de l’individu et de sa responsabilité, il n’y a que le monde pour les questions écologiques. Seulement il n’y a pas de gouvernance mondiale ! Donc l’inaction est presque certaine… au moins avant la première grande catastrophe ou la première guerre climatique. Désolé de vous avoir parlé comme ça, du GIEC, j’espère qu’il restera quelques auditeurs pour la chronique de Philippe Lefébure !

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