**Ce matin, la tonalité générale autour du PS est plutôt positive ! Ça faisait longtemps ! Oui, ça faisait un bon bout de temps que les socialistes ne suscitaient plus que des constats affligés et des commentaires railleurs. En réalité les socialistes, à la Rochelle sont un modèle d’observation pour les pédo-psy! Vous connaissez l’éternel débat sur l’utilité de la fessée. Les socialistes en ont reçus des corrections depuis la torgnole initiale du 21 avril 2002 ! Entre chaque correction, il y a bien eu quelques petits câlins réparateurs aux élections locales. Mais les baffes repartaient de plus belles. Jusqu’à s’en décocher eux-même comme à Reims. Les châtiments n’avaient aucun effet sur le gamin. Et puis il y eut la fessée des européennes. Et ce weekend, à La Rochelle,on a eu comme l’impression que les socialistes avaient compris la leçon. Peut être qu’une bonne petite claque ça peut finir par marcher à condition qu’elle soit donnée par quelqu’un de la famille et avec une once de bienveillance. Aux européennes les électeurs socialistes habituels ont voté verts : la fessée. Mais ils ne se sont pas tournés vers la droite : la bienveillance ! En quoi la leçon a-t-elle été retenue ? Les socialistes ont enfin avancé sur 2 questions importantes. La gouvernance (avec le non cumul des mandats, on y reviendra) et la question du leadership, avec les primaires. Restons, ce matin, sur cet aspect. Avec les primaires -si elles sont vraiment ouvertes- le PS a une chance de pouvoir, à nouveau incarner une certaine modernité face à une UMP caporalisée. Martine Aubry a accepté, contrainte et forcée peut-être, mais elle a accepté le principe. Le PS ouvre enfin ses fenêtres et quand on ouvre les fenêtres il y a du vent. Si on voulait être un peu lyrique on dirait comme Paul Valery « Le vent se lève il faut tenter de vivre ». Et c’était effectivement vital pour le PS de ne plus respirer que son air vicié. Le choix du prochain candidat socialiste n’appartient plus aux seuls socialistes mais à tous ceux qui le veulent. Cette méthode signe d’abord le fait que les socialistes intègrent enfin les contraintes de la cinquième République qui implique une certaine personnalisation du débat. Les idées s’incarnent par des hommes et des femmes et ce n’est pas sale ! Ce n’est pas sombrer dans le bonapartisme ou dans la dictature des sondages que de choisir des personnalités en même temps que des idées. En France la force des idées est toujours incarnée. Même à gauche. Peut être même surtout à gauche. Les débats sur la République et la gauche entre Jaurès et Clemenceau, puis les débats sur la République et le socialisme entre Jaurès et Guesde, les débats sur la nature d’un socialisme moderne entre Mitterrand et Rocard à la fin des années 70 étaient des débats vivants parce qu’incarnés. Ce sont de grandes idées et de petites questions de personnes. Il ne s’agit pas d’attendre de nouveaux Clemenceau ou Jaurès mais simplement que des hommes ou des femmes de caractère débattent des questions d’aujourd’hui : l’écologie et le socialisme, la république et l’écologie, le modèle social français et l’Europe ! Il y a des concepts à moderniser. On pouvait encore, par exemple entendre samedi à la Rochelle Jean-Pierre Chevènement affirmer que l’écologie allait contre l’esprit des Lumières. Visiblement Jean-Pierre Chevènement avait éteint la sienne. Ces débats ne peuvent pas se contenter du cadre d’un parti de notables et de ses satellites, de professionnels de la politique. On sort des combines d’appareils dès lors que les juges, pendant tout le processus ne sont plus des instances décrédibilisées mais des millions d’électeurs. Mais bon, n’en concluez pas non plus Nicolas, vous qui avez des enfants, qu’il faut abuser des fessées.**

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