Emmanuel Macron au Point : 1ère étape de la grande explication pour enrayer sa chute de popularité…

Oui une nécessité était apparue au regard de la perte assez rapide de confiance envers le président. Au moment de passer du discours global et enjoliveur de la campagne, de cette période d’installation à l’Elysée où il a pu (et su !) bénéficier d’un faste valorisant, à un discours forcément plus concret et trivial de la mise en œuvre, Emmanuel Macron a décidé de reprendre de la hauteur, d’exalter, si possible, des sentiments de grandeur –plus conforme à notre histoire et surtout qui permettrait de faire accepter les « réformes »… pardon, que dis-je, la « transformation ». Il ne s’agit pas pour la France de s’adapter à la mondialisation. Ça c’était le discours des promoteurs de la réforme… non, quand on veut la « transformation » c’est pour dominer. « Nous devons être une grande puissance » ose-il. A l'inverse d’un Giscard, par exemple, qui estimait que la France devait accepter (par réalisme) sa condition de puissance moyenne, Emmanuel Macron, lui, pense que la France (cette « amalgame » dit-il, reprenant Fernand Braudel), pour survivre, ne doit pas avoir peur de la grandeur. Alors il utilise un vocabulaire un brin emphatique, citant Louis XIV et les grands auteurs, en appelant même à la notion d’héroïsme… avec des phrases très Pont d’Arcole, comme « notre défit c’est de réinvestir un imaginaire de conquête ». Chacune des mesures évoquées est défendue avec un esprit d’officier de cavalerie qu’il veut insuffler à ses concitoyens, ou au moins par lequel il entend montrer qu’on n’est plus dans la demi-mesure, l’adaptation, mais, s’agissant du travail, je cite « dans la révolution copernicienne» ! Du panache, un peu de démesure et des choix clairement assumés : oui le terrorisme est bien islamiste, oui, il faudra poursuivre la baisse des APL, oui il faut favoriser les jeunes non diplômés au détriment des retraités plus aisés, oui le général de Villiers devait céder et partir.

Mais le panache, la grandeur, ce sont des méthodes… qu’en est-il du cap?

Et c’est là que le propos est peut-être encore un peu court. Il faut dire qu’avec ce principe, ni gauche ni droite, ou Et gauche Et droite, dans un pays structuré par ses 2 forces bien identifiées, il faut effectivement sans cesse redéfinir le but, dire et faire partager la vision de la société que l’on veut construire. Ça vient vers la fin de l’entretien de façon assez abstraite. Le Président dit vouloir construire un nouvel humanisme et réduire les inégalités… On peut, dès lors, faire l’analyse selon laquelle les buts affichés ici sont plutôt classiques du centre-gauche mais que l’essentiel des moyens mis en œuvre (mis en œuvre pour l’instant du moins) pour y parvenir sont plutôt ceux de centre-droit… Cette distorsion est sans doute l’un des nœuds de l’incompréhension actuelle à l’égard du président. Distorsion droite-gauche entre les moyens et le but… Mais voilà certainement une vue (me diront les macroniens) propre à une lecture politique de l’ancien monde… Il faut raisonner maintenant -parait-il- en terme schumpeterien donc de destruction créatrice… là on en est à la destruction… alors…logique… on ne pourra juger de l’efficacité du macronisme que quand on en sera à la création… si création il y a…

Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.