Ce matin... Emmanuel Macron et l’identité.

Le président se voit pousser par ses adversaires, sur les 2 scènes (nationale et continentale) dans un rôle qu’il ne veut pas endosser, de libéral mondialiste. Marine Le Pen et Laurent Wauquiez, qui se veulent les chantres d’une «majorité silencieuse» enracinée, décrivent Emmanuel Macron en président des citadins, aisés, gagnants de la mondialisation et forcément déconnectés du vrai peuple périurbain et rural. JL.Mélenchon, lui, le dépeint en président de la finance globalisée... De leur côté, sur la scène européenne, les leaders identitaires hongrois et italiens, Orban et Salvini, ont décidé qu’Emmanuel Macron était l’archétype du défenseur d’une immigration incontrôlée, fossoyeur des frontières, de la culture et de l’identité européenne, l’homme des citoyens sans nation et de leurs vraies patries, les multinationales, la finance. Bref l’homme de l’ouverture à tous les vents mauvais de la mondialisation. C’est un piège qu’Emmanuel Macron tente d’éviter depuis le début de son mandat... 

Comment fait-il pour sortir de ce piège ?

Par de petits signes... par exemple à destination des chasseurs (incarnation de l’enracinement identitaire)... Il s’agit de fuir l’alternative imposée : ouvert/fermé... dans lequel il aurait tout à perdre. La notion de fermeture, en matière d’identité,  n’est plus le pendant négatif de celle d’ouverture, qui n’est plus, non plus forcément positive ! Citons à nouveau cette phrase étonnante prononcée par Emmanuel Macron en début de semaine lors de son discours annuel à la conférence des ambassadeurs : «Ceux qui croyaient à l'avènement d'un peuple mondialisé se sont profondément trompés. Partout dans le monde, l'identité profonde des peuples est revenue. Et c'est au fond une bonne chose»... conclut-il... Il affirme pourtant 2 jours plus tard, en visite au Danemark, (poussant le «En-même-temptisme » à son paroxysme) qu’à l’inverse d’une porte, l’identité peut être ET ouverte ET fermée ! Je cite: «Le vrai Danois n'existe pas, il est déjà européen. Même votre langue n'est pas seulement le danois, elle est part de la langue européenne. C'est vrai aussi pour les Français»... Ça devient dur à suivre... En fait, Emmanuel Macron préfère le clivage conservateurs contre progressistes. Il estime sans doute que se voir pointer d’un doigt accusateur par les populistes-conservateurs européens et français suffit à lui conférer une image de progressiste.... Le problème, c’est qu’après la démission de Nicolas Hulot et le doute qui s’en suit quant à sa détermination à vouloir engager vraiment la transition énergétique, après le refus d’accueillir l’Aquarius, après ses sourires enjôleurs à Donald Trump, après le multi report du plan pauvreté, au regard de sa politique fiscale favorable aux plus riches, avec une gouvernance verticale, une tendance à la personnalisation du pouvoir... n’en jetons plus, Emmanuel Macron n’a plus beaucoup d’arguments à faire valoir pour se prétendre progressiste. Sans un effort pour redonner un contenu social, sociétal, environnemental plus convainquant afin d’étoffer son progressisme autoproclamé, le président ne parviendra pas à imposer le clivage qui l’arrange et c’est celui que veulent promouvoir Salvini, Orban, Le Pen et Wauquiez qui s’appliquera... à son détriment. 

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.