L'édito politique de François Degois. Aujourd'hui c'est le 31 décembre, le dernier jour de l'année 2008. Une année convulsive sur fond de crise, et tous les regardes se tournent désormais, Françoise, vers... Barak Obama. Et ca fait beaucoup pour un seul homme, Eric... Je ne sais pas si vous entendez cette petite musique récurrente, depuis quelques jours, qu'elle soit médiatique, politique ou économique. Pas un journal, pas un dirigeant politique, pas un économiste, qui ne cite le nom de Barack Obama. Comme si, dans cette triple crise qui secoue la planète : crise économique, crise environnementale et crise psychique, comme si au fond le seul espoir, la seule bouée de sauvetage venait de ce nouveau Président américain, métis, jeune et sexy . L'image est presque trop belle... Ce jeune président qui attend patiemment, entre deux parties de golf et un jogging à Hawai avec femme et enfant, son investiture officielle, le 20 Janvier. Comme si le monde, qu'il s'agisse de l'Union Européenne, du Proche Orient, de l'Asie, pariait avant tout sur un effet Obama tel qu'il pourrait inverser la mécanique du diable, cet engrenage infernal et planétaire qui conduit à l'enrichissement des uns, à la misère des autres, au terrorisme, à la guerre parce que personne ne trouve plus assez de mots, et encore moins de sagesse pour dialoguer... La crise économique ? Si Obama parvient à relancer une économie américaine exangue, l'économie mondiale, sâlement amochée, repartira. Ce sont les experts qui le disent... La crise environnemntale ? Si Obama met en place enfin le protocole de Kyoto, la planète respirera mieux. Ce sont les experts qui le disent... La crise psychique ? Si Obama diffuse ses valeurs, son " Yes we can ", s'il produit à l'échelle de la planète l'effet qu'il a produit du Texas à l'Ontario, le monde retrouvera un peu le sourire. Ce sont les experts qui le disent... Obama par si, Obama par là. Oui, Eric, ca fait beaucoup pour un seul homme. Surtout quand on y regarde de plus prés. Pour l'instant, Barack Obama veut certes fermer Guantamo mais annonce un renforcement des troupes américaines en Afghanistan... Pour l'instant, le Proche Orient s'embrase, avec cette guerre totale entre Israël et le Hamas, et le nouveau président reste quasiment mutique, rappelant qu'il observe la situation et qu'il n'y a qu'un seul président en exercice, Georges Bush. Certains diront qu'il est ficelé par cette interminable transition démocratique. D'autres regrettent qu'il n'ait pas donné, malgré tout, d'indications plus claires, notamment sur la politique de soutien américain à Israël... Quant à la constitution de son gouvernement, son administration, Barack Obama a fait preuve d'un classicisme à toute épreuve. Et si on applaudit des deux mains l'acccession d'Hillary Clinton aux commandes de la diplomatie américaine et ce formidable geste de réconciliation, on n'oubliera pas non plus que ce casting prudent fait déjà des déçus d'Obama... Et voilà le monde, et particulièrement la France, face à ses contradictions. Oui. Que n'a t-on entendu pendant des semaines avant l'élection d'Obama, au 4 coins de la planète, notamment en France. Cet homme qui allait enfin rompre avec l'unilatéralisme américain, cet homme qui allait en finir avec la suprematie américaine et participer à la construction, enfin, d'un monde multipolaire. Voilà aujourd'hui les mêmes qui en appellent à Obama et à son pays comme on en appelait au jugement du Roi Salomon, à Yavé, Allah, Dieu ou Bouddha. Voilà les memes qui tournent ensemble leurs regards vers cette Maison Blanche et le réinstalle de fait dans un role de supergendarme, plus présentable parce que métis, démocrate et jeune. Mais supergendarme quand meme. Car il ne faut jamais oublier que Barack Obama est avant tout américain et patriote, qu'il est avant tout libéral et pragamtique. Et, aussi sympathique soit il, qu'il va diriger dans quelques semaines la plus grande puissance du monde dont il préservera avant tout, que ca plaise ou pas, les interêts. Et c'est peut-être dans ce paradoxe que se trouve la plus belle leçon de géopolitique qui soit : "Inutile d'aller toujours chercher la solution à l'extèrieur. Vous devez être vous même le changement que vous voulez voir dans ce monde". Signé: Gandhi !

L'équipe

Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.