L’année qui s’ouvre verra-t-elle une réforme institutionnelle d’ampleur ?

Il y a une réforme des institutions prévue de longue date et qui doit être examinée par le parlement dans les prochains mois… Réforme qui entend rationaliser le travail de l’assemblée, lui permettre, avec plus de moyens et moins de députés, de, notamment, mieux contrôler le gouvernement. Il est aussi prévu l’introduction d’une part de proportionnelle pour les législatives afin d’améliorer la représentativité politique du parlement… mais rien de véritablement révolutionnaire. L’esprit de la Vème est respecté… pour le meilleur et pour le pire. La crise des Gilets jaunes a montré une partie de la limite de nos institutions. La crise de la représentation sous-jacente depuis des années, avec la montée constante de l’abstention et cette revendication d’une reconnaissance du vote blanc, éclate aujourd’hui de façon beaucoup plus explicite avec les propos très dur (et largement partagés par la population) de la part des Gilets jaunes à l’égard de tous les élus à l’exception des maires. Le fait même que le gouvernement soit obligé, pour faire remonter les aspirations de la population, non plus de se contenter de campagne électorales, mais d’organiser, à travers le pays une forme assez incertaine de débat, est la preuve de l’extrême fatigue de nos institutions.

Cette crise ne justifie-elle de passer à la VIème République ?

Certains le pensent. LFI, par exemple, n’a pas attendue la crise des Gilets jaunes pour  porter un diagnostic définitif sur la Vème et proposer la tenue d’une constituante afin de jeter les bases d’une VIème République. C’est une idée mais le changement de ce que les constitutionnalistes appellent la Loi fondamentale, en France, ne s’effectue qu’à l’ occasion de crises si graves que l’existence même du pays est en cause. 1870 après Sedan pour la IIIème, à la Libération après l’effondrement de l’Etat français avec la défaite Nazie, en 58 quand le pays était au bord d’une guerre civile et empêtré dans une décolonisation sanglante. Nous avons le sentiment, avec nos yeux rivés sur la conjoncture politique accélérée par le tout-info et les réseaux sociaux, que nous sommes au cœur d’une crise à ce point grave qu’il faille nous débarrasser d’institutions de 60 ans. Le recul historique change la perspective. Malgré ses défauts, la Vème nous a permis de surmonter bien des aléas, de vivre des alternances démocratiques pacifiques dans une stabilité enviée par nombre de nos voisins. La Vème est largement critiquable mais de là à la condamner à mort, de là à proclamer, comme certains le font, qu’elle n’est plus démocratique… il y a un pas que seules une petite minorité de responsables politiques et de français franchissent. Une constitution c’est fait pour durer. Depuis 1958, la Vème a bien servie… elle a été maintes fois toilettée, généralement pour être améliorée, adaptée. C’est encore possible. Et pour cela le président serait bien inspiré de reprendre sa réforme constitutionnelle, pour y introduire des éléments plus ambitieux et qui pourraient combler les insuffisances démocratiques flagrantes depuis des années… voilà un beau chantier pour 2019… peut-être en parlera-t-il ce soir lors de ces voeux… peut-être pas…

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