Nicolas Sarkozy multiplie les déplacements, laisse maintenant approcher les caméras, bientôt les micros…ce qui donne vraiment l’impression que son retour en politique est proche ! Oui, et la grande question qui en découle à l’UMP c’est : primaires ou pas en 2016 ? La remise en cause des primaires est à mettre sur le compte de l’incapacité d’une partie de l’UMP de se départir de la tradition bonapartiste. Pour eux, se choisir un chef a plus d’importance que de se choisir une ligne politique. Savoir à qui appartient le doigt plutôt que de regarder ce qu’il montre ! C’est d’ailleurs étonnant que d’anciens UDF, attachés à la démocratie interne et à la vivacité des courants de pensées, comme Jean-Pierre Raffarin, se prononcent pour l’annulation des primaires si Nicolas Sarkozy revenait. A l’intérieur de l’UMP il y a effectivement plusieurs aspirations, plus ou moins libérales, plusieurs points de vue sur la société, plus ou moins conservateurs. Entre la droite forte avec ses tropismes identitaires et les héritiers des démocrates chrétiens ou des gaullistes sociaux il y des sujets à trancher... et des sujets, osons le mot, à penser ! Il y a même des idées qui font consensus à l’UMP (la suppression pure et simple des 35 heures, par exemple) et que Nicolas Sarkozy, selon la rumeur, ne partagerait pas ! Bref, les primaires même ultra dominées par Nicolas Sarkozy auraient l’avantage de civiliser la compétition entre les idées mais aussi entre personnes (qui de toutes les façons aura lieu) et d’affirmer qu’il n’y a pas, dans un parti démocratique, de leader suprême, et que chacun peut légitimement tenter sa chance. Mais le statut d’ancien président ne donne-t-il pas à Nicolas Sarkozy une place à part ?… Le statut de président sortant oui, bien sûr. D’ailleurs en 2012 pour sa tentative de réélection personne n’a réclamé de primaire. Le président sortant se présente avec un bilan et un projet, pour continuer son œuvre et lui donner un nouveau souffle. De même il n’y aura pas de primaires à gauche si François Hollande décide de se représenter. Mais Nicolas Sarkozy s’est fait battre en 2012. Il redevient donc (démocratiquement parlant) un candidat potentiel qui doit nous dire précisément ce qu’il veut faire…. quelle est sa vision de la France. D’autant que, selon la rumeur (toujours la rumeur qui émane de ses off), Nicolas Sarkozy étudie un nouveau positionnement. Il verrait moins, dit-on, le droitier maurassien Buisson, et aspirerait à s’entourer de personnalités comme François Baroin, Nathalie Kosciusko-Morizet, personnalités modérées… qui n’avaient pas particulièrement goûté le ton de la campagne de 2012. D’ailleurs Nicolas Sarkozy utilise le langage des signes pour nous désigner son nouveau positionnement… Carla Bruni est allée assister à un meeting de Nathalie Kosciusko-Morizet…et vous remarquerez qu’on entend moins les jeunes mousquetaires droitiers de la France-Forte qui se voulaient les fers de lance du nouveau Sarkozy ! On suppute … en fait on n'en sait rien et peut-être même que Nicolas Sarkozy n’a pas encore choisi définitivement le côté de la droite par lequel il allait revenir… et avec quel discours. Comme s’il s’agissait d’une décision plus stratégique qu’idéologique ! Comme si, pour ses soutiens, ce n’est pas ce qu’il dit, ni même ce qu’il prévoit de faire à la tête du pays qui est important mais simplement qu’il soit ce qu’il est : un chef, un vrai ! … Et c’est bien ça le problème et l’anachronisme du bonapartisme infantilisant ! Pourtant, des primaires à droite entameraient bien peu les chances de Sarkozy mais participeraient beaucoup à la modernisation de la vie politique française…

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