De la complexité de lire un programme écologiste pour les élections municipales…

La plupart des candidats aux municipales, pour les villes moyennes et les métropoles, ont maintenant des discours écologistes. Qu’ils soient socialistes, insoumis, LR, LREM et même d’extrême-droite, ils rivalisent en ripolinage vert. Ce qui se passe à Paris est symptomatique. La politique passablement écologiste d’Anne Hidalgo n’est désormais critiquée que dans ses détails ou pour avoir été menée trop promptement, trop brutalement ou dans un chaos de travaux… mais pas dans son objectif. 

Aucun candidat ne promet de rendre aux voitures les centaines de kilomètres de chaussée dévolues aux vélos. Personne ne propose plus de dé-piétonniser les voies sur berges… Tout aménagement proposé l’est avec force arguments écologistes. 

Même s’ils ont l’antériorité et la légitimité de l’engagement sur le sujet, ce n’est pas parce qu’EELV propose un projet que celui-ci est forcément le plus vertueux pour l’environnement. Tout dépend de la hiérarchie des périls que l’on veut combattre. 

C’est, par exemple, la question du diesel. Si la priorité est sanitaire, il faut bannir au plus vite le diesel émetteur de particules fines. Si la priorité c’est la lutte contre le réchauffement de la planète, alors il faut porter ses efforts sur les anciennes voitures à essence et ne pas bannir trop vite le nouveau diesel plus faiblement émetteur de CO2. 

Le dilemme est plus spectaculaire encore avec l’urbanisme

Parce que la façon d’organiser une ville implique des choix de société et de mode de vie. 

Faut-il densifier la ville ou l’aérer ? Faut-il construire des tours ou les refuser ? 

La densification urbaine, si elle est pratiquée avec des matériaux d’isolation performants et des solutions ‘végétalisables’, est jugée, par la plupart des urbanistes, en réalité, beaucoup plus écolo que d’étaler la construction de logements et d’équipements. La densification intelligente (et même la construction de tours) est le meilleur moyen de mutualiser les ressources et de limiter l’artificialisation des sols. 

Comment s’y retrouver ?

C’est difficile tant la bonne pratique écologique peut prendre des chemins contraires et paradoxaux. Les arguments écologistes, par exemple, plaqués sur des projets urbains qui, par ailleurs, font la part belle à l’hyper consommation, à la concentration commerciale (voilà un indice) peuvent receler tous les détails techniques, architecturaux de l’écologie, ils ne seront que greenwashing d’un monde énergivore… qu’ils soient sincères ou pas, qu’ils repeignent en vert de vieux concepts, de vieilles idées, le seul fait que tout projet doit désormais, pour être accepté et acceptable, répondre aux canons de la protection de l’environnement est déjà le signe de la victoire culturelle de l’écologie… derrière toutes les formules à la mode, dont nous allons être inondé pendant la campagne (ville durable, slow city, ville en transition, écocité, ville intelligente…) se cachent des marchands et des rêveurs, des charlatans et des visionnaires. 

Comme on disait dans le jeu des 7 erreurs… sauras-tu les reconnaître ?

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