Il n'y a pas que le président de la république à faire campagne pour les législatives ! Un ex candidat à la présidentielle a lui aussi repris son bâton de pèlerin pour aller chercher les électeurs. Jean-Marie le Pen est sur les routes... Sur les routes ou plus exactement dans les airs car pour l'occasion, le président du Front National a décidé de louer un petit avion. 80 000 euros de facture pour 12 jours et 19 étapes. C'est de la fatigue tout ça, pour sa propre campagne présidentielle, Jean-Marie Le Pen n'en n'avait pas tant fait. Mais voilà, il est l'un des premiers à mettre en application le slogan phare d'un certain Nicolas Sarkozy. "Travailler plus pour gagner plus"! Et oui, si le presqu'octogénaire leader du FN a repris le fardeau et la route, ce n'est pas pour le plaisir, non c'est surtout pour l'argent. Car des voix aux législatives, ce sont des sous pour le quinquennat ! En 2002, le FN avait obtenu un peu plus de 11% des suffrages, ce qui lui a assuré une rente de l'Etat de plus de 4 millions et demie d'euros par an. Il s'agit d'assurer à nouveau la survie financière du parti. A 1,63 euro l'électeur, il faut les multiplier. Et évidemment ce n'est pas gagné. D'abord, le FN a très peu d'espoir d'obtenir un siège de député. Il a fini par s'habituer au couperet de ce qu'il qualifie de "loi scélérate", c'est-à-dire le scrutin majoritaire à 2 tours, qui le prive régulièrement de sièges depuis 88, exception faite de Yann Piat cette année là. Mais l'âge d'or des 35 députés FN de 1986 élus grâce à la proportionnelle est loin. Ensuite, il n'est même pas assuré de faire le même nombre de voix qu'il y a 5 ans. 11,34% en 2002. Aujourd'hui, les sondages le situent autour de 4 à 5% seulement des voix. "Le siphonneur à suffrages FN" Nicolas Sarkozy est passé par là et ce qu'il a fait pendant la présidentielle, il semble bien être près de le rééditer pour les législatives. Enfin, et c'est peut-être ce qui chagrine le plus Jean-Marie le Pen, il n'a même plus l'orgueil de brouiller le jeu politique. En 97, la droite républicaine avait subi 76 triangulaires et perdu à cause du maintien des candidats FN, une petite cinquantaine de sièges. En 2002, le FN était encore présent au second tour dans 37 circonscriptions. Cette année, les triangulaires pourraient bien se compter sur les doigts d'une main. Le Pen ne fait même plus perdre la droite ! Alors à chaque étape où son moderne coucou se pose, le président du FN dénonce "le prestidigitateur Sarkozy" qui a fait croire qu'il ferait le programme du FN, mais qui à peine élu a décrété l'ouverture à gauche. Du coup, Le Pen réclame aux électeurs de voter pour lui pour obliger Sarkozy à appliquer son programme, Le Pen en soutien voire en appoint plutôt qu'en vociférateur contradicteur. On aura tout vu ! En tout cas, il ne faudrait pas qu'après avoir fait perdre des voix à son parti, Jean-Marie Le Pen en plus lui fasse perdre des sous. Ses impatients successeurs pourraient en profiter pour lui demander de poser enfin son fardeau et son coucou, et de passer la main.

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