**Du nouveau au PS !Oui, du nouveau et du spectaculaire, hier soir… sur France 5, dans une émission de télévision que vous avez peut être vu Nicolas. Ségolène Royal a formulé, pour la première fois de façon aussi claire l’hypothèse selon laquelle elle pourrait très bien soutenir quelqu’un d’autre dans le cadre d’un processus gagnant. Ce positionnement, s’il n’est pas purement tactique et temporaire, contredit l’idée dominante selon laquelle, comme Nicolas Sarkozy, la candidate de 2007 serait hantée, habitée, guidée par une seule idée : devenir présidente. Le coté un peu irrationnel, « j’ai un destin », je trace mon sillon, même dans un champ de ruine dominait chez Ségolène Royal. C’était ce qui agaçait beaucoup de monde, mais c’était aussi analysé comme étant sa force. Il est de bon ton de dire que pour être président ou présidente il faut y penser tout le temps et depuis toujours, que la grande force de François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy c’est d’avoir construit, depuis tout petit leur vie autour de cet unique objectif. Ils sont très peu à donner cette impression aujourd’hui: Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé à droite, François Bayrou au centre et Ségolène Royal à gauche. Beaucoup d’observateurs ou de responsables politiques faisaient l’analyse suivante, ces derniers temps : ils disaient « bien sûr DSK est populaire, bien sur Martine Aubry a le vent en poupe, bien sûr Ségolène Royal est derrière…mais c’est la seule qui le veut vraiment, c’est la seule obsédée par ça ». Ça : l’Elysée ! Cette impression qu’elle donnait de tirer de sa précédente campagne présidentielle une légitimité naturelle à se représenter en 2012, renforçait l’idée que seule, à gauche, Ségolène Royal avait le caractère assez égotique pour gagner ou faire perdre son camp si elle n’était pas désignée par lui. Et puis voilà qu’elle brise cette image en affirmant qu’elle peut très bien soutenir quelqu’un d’autre (dès les primaires) si ça a plus de chance de réussir à la fin. Le PS n’est plus un champ de mine anti-personnel ?En réalité, on ne peut pas savoir quelle est la part d’altruisme politique, de réalisme, de prise de conscience ou de tactique. On peut très bien avoir une lecture purement cynique et tacticienne de cette nouvelle position. Martine Aubry est populaire pour ce qu’elle est, pour ce qu’elle dit mais peut être aussi parce qu’elle donne l’impression de ne pas être morte de faim de pouvoir, de ne pas vivre exclusivement avec l’Elysée comme seul horizon. Dominique Strauss Kahn, occupé ailleurs, donne exactement la même impression. Cette impression est sans doute l’un des facteurs de leur popularité parce que justement ça contraste avec l’avidité de pouvoir et l’ambition sans complexe que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal affichaient pendant la dernière campagne présidentielle… cette ambition dévorante, à l’époque donnait aussi une image positive de dynamisme et de détermination. Aujourd’hui, alors que l’on se demande si les politiques ont le pouvoir, alors qu’on semble réformer pour calmer les marchés, c'est-à-dire sous la dictée, l’ambition personnelle trop apparente devient indécente, voire inquiétante. Peut être Ségolène Royal a-t-elle perçu cette évolution. Et puis, encore plus tactique. Dire publiquement « je soutiendrai le mieux placé », ça met la pression sur Martine Aubry qui en retour se verra questionner : et si c’était Ségolène Royal la mieux placée, la soutiendriez-vous avant les primaires ? Ou alors il y a l’analyse qu’on oublie toujours de faire : Ségolène Royal, redescendue sur terre, pense que ce sera le ou la meilleure qui aura le plus de chance de gagner et que le ou la meilleure…c’est peut être elle…mais pas forcement. Pour vous et moi c’est un raisonnement basique. Pour un monstre politique c’est un effort sur-humain d’en arriver à cette conclusion.**

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