La gauche fractionnée en 4 parties !

Oui… il faut s’arrêter sur la nouvelle géographie de la gauche. On peut donc distinguer 4 gauches apparues à la faveur de la déchéance de nationalité (qui a créé des oppositions nouvelles et rédhibitoires) et maintenant de la loi El Kohmri. 4 gauches qui s’arque-boutent sur leurs positions et, chaque jour dressent des murs toujours plus hauts entre elles. Il y a la gauche mélenchonienne d’abord. Elle a son candidat pour 2017. Celui-ci prospère tranquillement sur la contestation de la loi El Kohmri et même sur l’ambiance anticapitaliste qu’a ravivée Nuit Débout ces derniers temps. Nuit Debout a fini par aller se coucher en faisant office de parfaite idiote-utile du Front de gauche. JL Mélenchon est en train de la dévorer pendant son sommeil. Et puis il y a la gauche frondeuse. Une trentaine de députés socialistes, quelques anciens ministres. Elle n’est plus vraiment dans la majorité puisqu’en contrant le 49.3 du gouvernement par une tentative de motion de censure, elle entame un processus incertain mais très clair : la destitution de Manuel Valls, donc du chef de la majorité ! Les frondeurs inaugurent un positionnement acrobatique et scabreux : l’opposition interne à la majorité ! Les frondeurs ont parfaitement défini ce contre quoi ils sont, mais n’expriment pas clairement ce pour quoi ils sont ! Et ce n’est pas Arnaud Montebourg, le candidat putatif le plus avancé de cette sphère, qui les y aide !

Voilà pour les deux premières gauches… il en reste donc deux…

Il y a bien sûr la gauche Hollando-Vallsienne. Elle a son candidat naturel (le président) mais celui-ci apparaît aussi, c’est quand même paradoxal, comme son maillon faible ! François Hollande rêve d’incarner à nouveau un point d’équilibre de toute la gauche (moins la mélenchonienne, hors de portée) mais pour l’instant cette ambition semble inatteignable, même pour le roi de la synthèse, même en distribuant des milliards pour éteindre les feux des contestations sociales éparpillées. Manuel Valls, de par ses fonctions (qu’il exerce avec loyauté), est coincé dans cette gauche-là, au lieu d’être le chef de son propre territoire politique. Et puis il y a la quatrième gauche, la macronienne. Elle déborde allégrement sur la droite. Pas de frondeurs, pas de grévistes, elle fait partie de la majorité…et pourtant elle exprime des idées qui dénoncent celles du président et ses méthodes. E. Macron est dans la majorité mais veut remplacer le Président pour faire radicalement autre chose ! C’est une situation qui commence à apparaître comme fortement déloyale et à la limite de l’honnêteté intellectuelle. Vous remarquez que la gauche écologiste n’est plus. L’écologie, qui devrait être (et sera sans doute un jour) la glue de toutes ces gauches, se noie dans ses querelles d’appareils et de personnes. Pour résumer : la gauche balkanisée risque de ruiner le bénéfice politique d’un « ça va mieux » qui se vérifierait dans les faits et créer un bouleversement du calendrier électoral : au fil des mois va s’installer cette idée : le prochain président ne sera pas désigné en mai 2017… mais bien fin novembre 2016 ; date de la primaire de la droite et du centre.

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