Petite remontée de Nicolas Sarkozy dans les sondages et un gouvernement sur tous les fronts depuis quelques jours. L'exécutif semble décidé à repasser à l'offensive après sa défaite aux municipales. ça y est, c'est fait, la phase de re présidentialisation de Nicolas Sarkozy est assurée. Maintenant, on attend la suite. Et si Nicolas Sarkozy revenait s'expliquer devant les Français ? A force de le voir partout dans les 20 h ou les journaux, on croit savoir ce que le président dit, pense, ou fait. En réalité, il est aussi discret que son prédécesseur. Imaginez un peu, on ne l'a pas vu expliquant sa politique aux Français depuis sa conférence de presse confusionnelle du 8 janvier dernier, sa précédente interview remontant carrément à fin novembre 2007. Franchement, aujourd'hui, c'est le moment. En tout cas, toutes les conditions sont réunies. L'épreuve des municipales est passée. La reprise en main assurée, à l'Elysée, au gouvernement, à l'UMP. Nicolas Sarkozy, qui s'est trouvé bien seul pendant la campagne a voulu créé les conditions de l'émulation au sein de son gouvernement. C'est réussi au-delà de toute espérance, depuis quelques jours, François Fillon et Xavier Bertrand sont entrés dans une compét' pas possible, à celui qui ferait le plus de plateaux radios et télé. L'image dans l'opinion publique a été retouchée. On a vu un président altier sur le plateau des glières. On l'a vu "bien accompagné" à Londres. "Oh" s'est-on exclamé devant le bibi gris de Carla Bruni et sa révérence enfantine à la reine ! "Ah" devant sa robe fuschia, tels des enfants s'esbaudissant devant un feu d'artifice. En tout cas c'est indéniable, la carte "femme" du président, celle qu'il a dégainée plus d'une fois pour gagner en humanité, a marché cette fois encore. On l'a vu repentant sur l'Etat/copain et la nomiation controversée d'un de ses proches à la Villa Médicis. Bref, Nicolas Sarkozy a rectifié le tir. Mais maintenant, reste l'important, l'essentiel. Que veut-il, que va-t-il faire ? Parlez-nous, monsieur le Président ! De Gandrange : votre parole est-elle de si peu de poids qu'Arcelor Mittal la balaie sans plus attendre, et l'Etat peut-il encore faire quelque chose pour sauvegarder l'aciérie ? Parlez-nous de l'état réel des finances publiques, des conséquences de la crise financière internationale et de ce que cet état suppose et implique en matière de politique économique et sociale. L'annonce de comptes publics plus dégradés que prévus pose la question des priorités du gouvernement. François Fillon disait hier, pas de "plan de rigueur, mais gestion sérieuse". Quelles réformes remet-on à plus tard pour tenter de revenir dans les clous de l'orthodoxie budgétaire ? Quels engagements de campagne seront finalement tenus, et quels autres abandonnés ? La baisse des impôts ? Le RSA ? La remise en cause de sa généralisation pourrait sonner le glas de l'ouverture politique. Parlez-nous de la réforme des retraites. L'allongement de la durée des cotisations semble être aujourd'hui l'horizon indépassable de cette réforme, mais celle-ci est, elle, socialement acceptable tant que le problème de la pénibilité pas plus que celui de l'emploi des séniors ne sont réglés ? Parlez-nous de l'Afghanistan, monsieur le président. Vous avez annoncé à Londres un renforcement des troupes françaises. Au-delà de la méthode, faire ça chez la perfide Albion au mépris de la représentation nationale française, y a-t-il une évolution de la doctrine stratégique française ? Alors aujourd'hui sur Inter, on parle Architecture, villes et espaces avec Jean Nouvel, le plus grand architecte du Monde. Demain, dommage la case est prise, François Fillon sera votre invité. Ah ! Le président a voulu l'émulation, il l'a. Mais dès mercredi, vous êtes le bienvenu Nicolas Sarkozy. La nouvelle frénésie des membres du gouvernement à se concurrencer les uns les autres n'épuise en rien les sujets de questionnements à votre endroit.

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