**Les députés de la majorité sont reçus, aujourd’hui, à l’Elysée.Oui et vous voyez cette information que vous venez d’énoncer Nicolas, « les députés de la majorité, sont reçus aujourd’hui à l’Elysée » c’est une phrase qui n’étonne plus personne ! On s’y est habitué… et pourtant, il faut le relever, encore…le fait que le président de la république reçoive à l’Elysée, les députés de la majorité (aucun de ses prédécesseurs n’avait fait ça), c’est le signe qu’il n’a pas changé sa façon de gouverner, qu’il refuse toujours de se présidentialiser, c'est-à-dire de se hisser au dessus des partis, au moins formellement. Il reste donc le chef de la majorité, rôle dévolu, normalement au premier ministre. Alors vous allez me dire, ce constat n’est pas neuf…mais justement la défaite électorale que vient de subir la majorité et à propos de laquelle tout le monde s’accorde à dire que l’hyper président en est l’hyper responsable aurait pu amener le chef de l’Etat à changer de méthode, à estimer que les français qui avaient voté pour lui en 2007 et se sont abstenus il y a 15 jours, lui demandent aussi de revenir à une présidence plus classique. On peut estimer que le fait que Nicolas Sarkozy gouverne en plus de présider est inhérent, non pas au caractère de Nicolas Sarkozy, mais au quinquennat et à la concomitance des mandats parlementaires et présidentiels. Si c’était le cas il y aurait un gros problème de contrôle du parlement. Le gouvernement et son chef sont responsables devant le parlement…si le chef du gouvernement n’est rien, le parlement n’exerce son contrôle sur rien ! D’ailleurs ceux qui à droite demandaient, la semaine dernière, un vote de confiance au gouvernement se sont vu répondre que ce n’était pas la peine. Et pour cause… Donc sur la méthode, il ne change pas mais sur le rythme des réformes, il appuie sur le frein !Il appuie sur la pédale de frein et sa majorité tire, en même temps sur le frein à main. Exit la taxe carbone, visiblement on ne parle plus de la réforme de l’instruction, le conseil d’Etat torpille par avance la loi sur la burqa. Avant les élections, on ne s’en rendait pas vraiment compte parce que tout en appuyant déjà sur le frein il sonnait la charge à la trompette. La crise, et quelques réalités du pays avaient déjà imposé un agenda amoindri au président et à sa majorité. Mais c’est vrai que depuis le 21 mars c’est le détricotage du projet en règle. Et voila maintenant que la majorité s’attaque au totem, au cœur du noyau si je puis dire: le bouclier fiscal. Toucher à ça c’est un peu comme si les députés socialistes demandaient à Martine Aubry de proposer la durée hebdomadaire du travail à 45 heures. Le Nouveau Centre demande la fin du bouclier fiscal, ce n’est pas nouveau mais avant il le demandait mollement, à la centriste dans une majorité forte. Là, il le demande plus fermement (vous avez peut-être entendu François Sauvadet à ce micro à 6h45…déterminé) à la centriste dans une majorité affaiblie…Et maintenant Alain Juppé aussi le demande ! Quand à Jean-François Copé, le patron des députés UMP, il dit que le débat est, je cite « un peu prématuré » ce qui veut dire qu’il est légitime. Fréderic Lefebvre gardien du temple sarkozyste estime lui qu’il ne faut pas s’attaquer à l’un des « fondements » de la politique actuelle. Les nombreux opposants UMP au bouclier fiscal, s’opposent donc au « fondement » de la politique du président. Si le bouclier fiscal survit à cette fronde, il risque d’être tenu longtemps, et sans doute exagérément, pour l’un des principaux responsable des déficits des comptes de la nation. S’il ne survit pas, c’est toute l’originalité du sarkozysme qui se sera estompée. Il restera au président, pour sauver son premier mandat, à réussir la réforme des retraites. Le président pourrait alors prendre exemple sur Barak Obama et sa réforme de la sécurité sociale : ne pas se disperser, ne pas annoncer trois réformes par semaines (donc ne pas être trop Nicolas Sarkozy). C’est ce que veut sa majorité. Est-il prêt à l’entendre, on le saura après la réunion d’aujourd’hui.**

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