Vous avez décidé d’aider la gauche et la droite à trancher pour la présidentielle : primaire ou pas ?

Ils sont un peu perdus on dirait ! Alors voilà quelques éléments pour décider. La candidature précoce de Xavier Bertrand redonne à tous ceux qui, à LR, ont le sentiment de se faire doubler, un goût prononcé pour la primaire. Au PS, vue la dernière expérience, on attend (sans trop y croire) une candidature évidente avant de se résoudre à un exercice qui n’emballe plus personne. Comment y voir clair ? Le besoin de primaire est apparu en 2007 après un long cycle politique au cours duquel de grands leaders évidents socialistes s’imposaient. La fin de ce cycle c’est le crash

de Lionel Jospin en 2002. L’ère des grands leaders évidents à LR s’est arrêtée avec la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012. La première primaire vraiment ouverte, en 2011 (pour désigner le candidat socialiste de 2012), a mis François Hollande sur les rails de la victoire. Celle de la droite en 2016 malgré 4,3 millions d’électeurs est un échec. Le déclin de François Fillon avait commencé avant le Pénélopegate.    

Pourquoi cette différence ?   

Les finalistes socialistes de 2011 (Aubry/Hollande) n’avaient pas de différences de ligne politique flagrantes, notamment en matière économique. Les perdants de cette primaire n’ont donc pas eu le sentiment que leurs idées allaient être trahies par le gagnant. La primaire de la droite en 2016, en revanche, (Juppé/Fillon) opposait des orientations politiques dissonantes et ne s’adressaient pas à la même sociologie. Et un autre candidat, Emmanuel Macron, représentait finalement une offre beaucoup plus tentante pour les perdants (juppéistes) de la primaire de la droite de 2016… Pareil, d’ailleurs pour les perdants de la primaire de la gauche de 2016 qui, elle aussi, opposait en finale (avec Valls et Hamon) deux lignes trop différentes. Moralité, une primaire, pour être réussie ne doit pas être un choix politique (ce n’est pas un premier tour de la présidentielle) mais un casting, le choix d’une certaine gouvernance, d’une incarnation, d’une ‘équation personnelle’. Alors me direz-vous, quel conseil pour LR, le PS qui hésitent à se lancer dans une primaire ? A gauche, une primaire qui opposerait Anne Hidalgo, Arnaud Montebourg et Yannick Jadot serait à l’évidence une compétition de lignes. Donc primaire déconseillée. A droite… pareil finalement : Xavier Bertrand, Bruno Retailleau, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez ne sont pas sur les mêmes orientations. Et lors d’une primaire qui oppose des lignes on doit d’abord les affirmer alors qu’il faut réunir son camp. En réalité et paradoxalement, il faut, pour une primaire efficace, que le parti organisateur soit puissant et sûr de ses orientations politiques. La primaire ne peut pas pallier la faiblesse des partis. Conclusion : A l’évidence, en ce moment,  le PS comme LR ne sont pas en état de produire une ligne préétablie ferme, ni (de ce fait) des primaires pour choisir le bon candidat qui incarnerait cette ligne en force pour le scrutin présidentiel. Il leur faut imaginer une autre méthode pour opérer ce que Gérard Larcher appelle un ‘départage’. Les voilà bien avancés ! Mais le conseil est gratuit...   Service public !  

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