Les candidats à la candidature LR semblent comme des lapins dans les phares du bolide Zemmour, tétanisés, et sur le point de se faire écraser.

Face à Zemmour, la droite trahit ses idéaux gaullistes et centristes
Face à Zemmour, la droite trahit ses idéaux gaullistes et centristes © Getty / Weegee(Arthur Fellig)/International Center of Photography

Lundi à ce micro, en réponse à la dérive maurassienne à laquelle est en train de succomber une partie substantielle de l’électorat de la droite, 

Valérie Pécresse ne dénonce pas d’abord les mensonges historiques ou les outrances xénophobes du polémiste mais déplore des propositions inapplicables ! 

Comme si, pour elle, le problème Zemmour était la faisabilité et non pas la nature de ses projets. Xavier Bertrand ou Michel Barnier, disent ne pas vouloir commenter les propos d’un candidat putatif. Ils n’ont, certes, idéologiquement rien à voir avec Zemmour mais tout se passe comme s’ils craignaient que ses positions aient déjà imprégné le corps électoral (100.000 militants Les Républicains) qui décidera du candidat, le 4 décembre, dans une éternité ! 

Les prétendants à la présidentielle et Christian Jacob, patron des Républicains, trahissent, en réalité l’esprit de la droite issue du gaullisme ou du centrisme en se gardant de contrer frontalement une idéologie ennemie. 

Un rappel de l’histoire de la droite s’impose

La droite, qui n’avait jamais digéré la Révolution jusqu’au début de XXe siècle, s’était largement fourvoyée dans la collaboration. 

Une nouvelle droite républicaine gaulliste ou centriste (MRP) avait alors émergé de la Résistance. L’esprit antirépublicain était passé de la droite à une extrême-droite devenue résiduelle, marquée par le sceau infamant de la collaboration. 

Pn l’a vu réapparaitre avec le poujadisme dans les années 1950, avec l’OAS début 60’ et le FN dans les années 80’ (Jean-Marie Le Pen était, d’ailleurs, de ces trois résurgences néo-pétainistes). Puis Marine Le Pen s’est républicanisée (dans le discours au moins). 

Le flambeau maurassien était à reprendre, Éric Zemmour le ramasse

Pourquoi Valérie Pécresse, Xavier Bertrand ou Michel Barnier ne profitent-ils pas de la moindre tribune, du moindre micro pour dénoncer, avant tout, un homme qui se prétend de leur bord, qui se dit héritier du RPR, alors qu’il réhabilite Pétain et travesti de Gaulle ?

Comment se fait-il que la droite n’ait pas compris qu’il lui revenait, à elle d’abord, d’ériger un barrage idéologique hermétique entre la rhétorique du polémiste qui ne fait que repeindre le passé, noircir le présent et en diaboliser l’avenir ? 

Peu, dans la sphère LR, ont le cran de prononcer les mots que tous les républicains attendent d’eux

Jean-François Copé est de ceux-là. Je le cite : ‘Aujourd'hui c'est le grand remplacement par les musulmans, nous dit M. Zemmour, mais sous Charles Maurras, c'était par les juifs et les Italiens.’ Les candidats Les Républicains ne peuvent plus se contenter (comme ils le font depuis des années avec Marine Le Pen sans succès) de dire que l’extrême-droite exagère, simplement, ou n’est pas réaliste. 

Font-ils le calcul tactique que Zemmour détruit Le Pen ? S’il n’est pas contré sur le fond, durement, par, ne serait-ce, qu’un des candidats Les Républicains, alors Zemmour, les supplantera, tout simplement en ayant remplacé Marine Le Pen, avec en plus l’avantage de la nouveauté dégagiste.   

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