Avec un interview au Figaro, un discours samedi, Marine Le Pen entre en campagne après un été plutôt atone.

Marine Le Pen et le cas Zemmour
Marine Le Pen et le cas Zemmour © Maxppp / IAN LANGSDON

Une entrée en campagne sur un marché des récupérateurs de colères populaires (sur lequel la famille Le Pen fut précurseur) maintenant bien encombré et concurrentiel ! 

À droite, même Xavier Bertrand n’hésite pas, par exemple, à affirmer qu’il changerait la Constitution du général de Gaulle pour pouvoir faire voter des lois si sécuritaires qu’elles ne rentreraient pas dans le cadre de notre état de droit actuel 

! Il y a aussi Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot qui surfent sur la vague de protestation antivax et anti-passe sanitaire. Et puis il y a Eric Zemmour. Quel drame pour la stratégie dite de dédiabolisation, théorisée et mise en pratique par la patronne du RN. 

Depuis des années Marine Le Pen tentait, en douceur pour ne pas perdre la part de l’électorat qu’elle capte par la protestation radicale, de se notabiliser, d’adopter des postures (sur l’Euro par exemple) rassurantes pour l’électorat âgé, d’habiller son propos anti-immigration, de républicanisme et de laïcité, pour rester dans les clous de la légalité, et éviter les travers du complotisme et du révisionnisme dans lesquels son père, parfois se vautrait gaillardement.

Quel drame donc pour Marine Le Pen de constater que tous ces menus plaisirs de l’extrémisme qu’elle se refuse maintenant, Eric Zemmour (énervant comme ces bâfreurs qui ne prennent pas un gramme) les déroule tous les soirs et que loin d’être diabolisé par la droite classique, il trouve des oreilles bienveillantes à LR.

Éric Ciotti peut dire qu’il choisirait Zemmour plutôt que Macron en cas de second tour, il est moins réprimandé par son parti que s’il avait dit qu’il choisissait Le Pen !

C’est bien la peine de se dé-diaboliser ! 

Marine Le Pen ne semble pas non plus profiter de la contestation anti-vaxs et anti-passe qui porte pourtant la marque de la droite radicale ? Pourquoi ? D’abord parce qu’elle ne s’y investit pas. Et stratégiquement, elle a bien raison. Ce serait sans doute encore pire. Cette protestation comporte une bonne dose de complotisme qu’elle ne pourrait assumer sans ruiner sa stratégie d’assagissement. 

Mais Marine le Pen n’est pas claire non plus, dit comprendre la cause sans manifester pour autant. Elle se contente d’embrasser toutes ces colères, se présentant (dans le Figaro) comme la championne des libertés ! Dans un contexte d’affaiblissement  (affaiblissement relatif, elle est toujours donnée, et de loin, qualifiée au second tour, mais en baisse et rarement en tête)… donc dans ce contexte, une petite partie de LR et la ‘droite dite ‘hors les murs’ soutient Eric Zemmour pour détruire la marque Le Pen, c’est-à-dire pour investir sur 2027 et en finir, définitivement avec ce nom qui a bloqué pendant tant d’années toute possibilité d’union du camp réactionnaire en France. 

Une lubie d’une partie de la droite intellectuelle et polémiste, très minoritaire mais qui est persuadé d’être puissante, de gagner des batailles culturelles parce qu’elle se voit tous les jours à la Une des journaux et sur C-news… lubie qui pourrait bien, pour 2017, en définitive, faire les affaires d’Emmanuel Macron.  

Une entrée en campagne sur un marché des récupérateurs de colères populaires (sur lequel la famille Le Pen fut précurseur) maintenant bien encombré et concurrentiel ! 

À droite, même Xavier Bertrand n’hésite pas, par exemple, à affirmer qu’il changerait la Constitution du général de Gaulle pour pouvoir faire voter des lois si sécuritaires qu’elles ne rentreraient pas dans le cadre de notre état de droit actuel ! Il y a aussi Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot qui surfent sur la vague de protestation antivax et anti-passe sanitaire. Et puis il y a Eric Zemmour.

Quel drame pour la stratégie dite de dédiabolisation, théorisée et mise en pratique par la patronne du RN. Depuis des années Marine Le Pen tentait, en douceur pour ne pas perdre la part de l’électorat qu’elle capte par la protestation radicale, de se notabiliser, d’adopter des postures (sur l’Euro par exemple) rassurantes pour l’électorat âgé, d’habiller son propos anti-immigration, de républicanisme et de laïcité, pour rester dans les clous de la légalité, et éviter les travers du complotisme et du révisionnisme dans lesquels son père, parfois se vautrait gaillardement. 

Quel drame donc pour Marine Le Pen de constater que tous ces menus plaisirs de l’extrémisme qu’elle se refuse maintenant, Eric Zemmour (énervant comme ces bâfreurs qui ne prennent pas un gramme) les déroule tous les soirs et que loin d’être diabolisé par la droite classique, il trouve des oreilles bienveillantes à LR. Éric Ciotti peut dire qu’il choisirait Zemmour plutôt que Macron en cas de 2nd  tour, il est moins réprimandé par son parti que s’il avait dit qu’il choisissait Le Pen ! C’est bien la peine de se dé-diaboliser ! Marine Le Pen ne semble pas non plus profiter de la contestation anti-vaxs et anti-passe qui porte pourtant la marque de la droite radicale ? 

Pourquoi ? 

D’abord parce qu’elle ne s’y investit pas. Et stratégiquement, elle a bien raison. Ce serait sans doute encore pire. Cette protestation comporte une bonne dose de complotisme qu’elle ne pourrait assumer sans ruiner sa stratégie d’assagissement. Mais Marine le Pen n’est pas claire non plus, dit comprendre la cause sans manifester pour autant. 

Elle se contente d’embrasser toutes ces colères, se présentant (dans le Figaro) comme la championne des libertés ! Dans un contexte d’affaiblissement  (affaiblissement relatif, elle est toujours donnée, et de loin, qualifiée au 2nd tour, mais en baisse et rarement en tête)… donc dans ce contexte, une petite partie de LR et la ‘droite dite ‘hors les murs’ soutient Eric Zemmour pour détruire la marque Le Pen, c’est-à-dire pour investir sur 2027 et en finir, définitivement avec ce nom qui a bloqué pendant tant d’années toute possibilité d’union du camp réactionnaire en France. Une lubie d’une partie de la droite intellectuelle et polémiste, très minoritaire mais qui est persuadé d’être puissante, de gagner des batailles culturelles parce qu’elle se voit tous les jours à la Une des journaux et sur C-news… lubie qui pourrait bien, pour 2017, en définitive, faire les affaires d’Emmanuel Macron. 

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