La droite revient.

Si l’on considère, au vu de tous les scrutins depuis 2017, qu’il y a deux vies politiques parallèles… une territoriale et une nationale décorrélées, alors les succès locaux de dimanche ne devraient pas offrir d’espoir particulier à la droite pour 2022. Sauf que, sans ces résultats… cartons de LR (en pourcentages sinon en nombre de voix, compte tenu de l’abstention record), les espoirs des trois présidentiables (Bertrand, Wauquiez, Pécresse) auraient été anéantis. Ces élections disent que l’alternative au duel Macron/le Pen serait plutôt à droite. L’extrême faiblesse de LREM, dimanche, montre aussi que le potentiel présidentiel d’Emmanuel Macron ne repose que sur sa personne. Pour une élection passe encore, pour une réélection c’est plus fragile ! Le résultat de ce 1er tour dégage 3 prétendants à droite mais ne les départage pas clairement.  

On prévoit donc une compétition féroce à droite.  

Comptez sur eux. Mais cette présélection arrive assez tôt. S’il est de bon ton de taper sur les sondages, soyez sûr que les candidats vont continuer à les scruter. Le mieux, pour LR, serait qu’avant l’automne, l’un des trois s’impose pour éviter une dangereuse procédure de départage qui reste à inventer. Les sondages vont donc certainement finir par sacrer le candidat de droite. Il ne s’agit pas d’un casting dépolitisé pour autant. Le bon profil correspondra (et c’est pour ça qu’il se dégagera) aux préoccupations (réelles ou fantasmées) de l’époque. Le bon candidat sera celui qui aura le culot assez habile (ou l’habileté assez culotée) d’intégrer à la fois l’angoisse identitaire, sécuritaire (qui travaille plutôt le peuple de droite), et l’angoisse sociale et environnementale (qui travaille plutôt le peuple de gauche). Une partie de la gauche qui a déjà intégré, au vu de l’ambiance générale, qu’elle n’est pas majoritaire dans la société, se cherchera confusément le candidat de droite décent pour le 2nd tour. Dans ce cadre, les sondages du rapport de force Macron/Le Pen, vont peser s’il s’avère (comme c’est déjà le cas) que les candidats de droite (et singulièrement Xavier Bertrand) constituent de bien plus solides remparts électoraux au RN que le président sortant. Au sein de cette droite qui retrouve espoir, le mieux placé (aujourd’hui…), c’est Xavier Bertrand. Le risque dans ce genre de période (alors que les partis, et leurs lignes idéologiques de référence, sont faibles et ne servent plus de cadre raisonnable), c’est que, pour tenir les deux bouts de la ficelle et opérer le fameux dépassement gauche/droite devenu passage obligé, les candidats de droite confondent audace et outrance… un discours dégagiste d’anciens dégagés. 2017 a vu la victoire de l’alliance des modérés… tout commence, pour 2022, comme si les candidats tablaient sur un syncrétisme plutôt radical. La compétition à droite semble bien partie pour ça : On en a vu quelques indices caricaturaux, par exemple, sur les éoliennes qui, quasiment, découperaient les enfants en tranches ou les peines planchers bientôt pour tapage nocturne. On est assez loin du scrutin, donc du discours raisonnable de vrai présidentiable de centre-droit… Attention ça va partir dans tous les sens ! 

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