Situation singulière : les deux partis classiques, LR et le PS, vont présenter des primo-candidats. Anne Hidalgo et pour LR, sans doute, Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse, pourront se targuer d’incarner le sang présidentiable neuf face aux récidivistes Le Pen, Mélenchon et Macron

Que penser de la candidature d'Anne Hidalgo à l'élection présidentielle 2022. Ici son annonce sur France 2 le 12 septembre 2021 face à Laurent Delahousse
Que penser de la candidature d'Anne Hidalgo à l'élection présidentielle 2022. Ici son annonce sur France 2 le 12 septembre 2021 face à Laurent Delahousse © AFP / Thomas SAMSON

Ceux qui promettaient en 2017 un renouvèlement sont toujours là. 

La roue du dégagisme tourne vite !  Les dégageurs (RN, LFI et bien sûr LREM) n’ont pas su remplacer les dégagés. Aux élections intermédiaires les Français ne les ont placés à la tête d’aucun exécutif local d’ampleur. Nationalement ils n’ont pas su imposer non plus un nouveau clivage pertinent alternatif à l’offre classique droite/gauche.  

Pendant ce temps-là, les dégagés ont-ils su se rénover ?  

C’est contrasté. La facilité de la pente identitaire semble tenir lieu de renouvèlement à droite. A gauche, en revanche, une révolution idéologique plus novatrice, est en cours. Elle n’est pas aboutie. Loin de là.

Mais la campagne peut servir à ça et Anne Hidalgo s’y est clairement engagé Il s’agit d’intégrer comme nouvelle matrice l’impératif écologique. Le mécano éco-socialiste n’est pas encore lisible. Le modèle, qui consiste à décarboner l’économie en créant une société plus juste, c’est-à-dire à révolutionner la notion de croissance, n’est toujours pas assez charpenté et convaincant dans les discours des prétendants écologistes et socialistes. 

Cette campagne sera peut-être l’occasion d’une révolution intellectuelle et surtout d’une popularisation de ces thèmes

Sur le plan des personnalités, le PS, en revanche fait le travail. Les nouveaux maires de grandes villes et les présidents de région en sont la preuve. Anne Hidalgo n’est pas une novice mais son profil présidentiable est original. Puisqu’il est dit qu’avec l’affaiblissement des partis et la gazéification des idéologies, le poids de l’individu candidat prend de plus d’importance, il faut s’intéresser à ce qu’il est convenu d’appeler, en communication politique, l’équation personnelle d’Anne Hidalgo, née en Espagne dans un milieu populaire, naturalisée. 

Son grand-père, Républicain, a été persécuté par le franquisme. Un profil d’intégration à la française en forme de réponse à la crispation identitaire qui s’empare d’une partie du monde politique. 

Pour les idées et l’incarnation, le travail de renouvèlement effectué est donc contrasté. 3ème chantier de rénovation : la recomposition de la gauche. Le PS et EELV n’ont pas su utiliser ces 5 années pour construire une offre commune. 

La primaire EEVL va désigner son candidat

Ça fera, avec Anne Hidalgo, deux candidats pour un programme quasi identique. Un de trop. La gauche non mélenchoniste sera-t-elle s’unir ? C’est loin d’être une condition suffisante pour espérer gagner (confère 2017) mais c’est une condition nécessaire. 

Que l’on apprécie ou pas les sondages c’est pareil… ce seront ceux de janvier/février qui en décideront. A moins que socialistes et écologistes décident (ou soient obligés de constater) que 2022 ne peut être qu’un moment de départage entre eux, pour construire le rapport de force de l’éco-socialisme … pour 2027.

Les invités
L'équipe