Nous abordons donc une saison présidentielle… Une saison vertigineuse… Depuis les années 1980, chaque présidentielle était dominée par ce problème entêtant : le chômage de masse.

Identité ou écologie : quels seront les thèmes de prédilection de la présidentielle ?
Identité ou écologie : quels seront les thèmes de prédilection de la présidentielle ? © Getty / picture alliance

Chaque élection, bien sûr, était multithématique, avec des sujets de gouvernance, de sécurité, de nouvelles libertés mais au fond le thème central était bien l’emploi. Ce n’est plus le cas. Serions-nous résignés ? Ou la lente décrue du chômage depuis 2016 (épisode Covid excepté) nous ferait-elle changer de priorité ? 

Alors quel thème va dominer cette campagne ? 

L’été nous renseigne, pour ce début de campagne au moins. En dehors de la pandémie pour laquelle il est impossible de lire l’impact électoral, deux thèmes se font face : l’écologie et l’identité. Les questions économiques deviennent l’intendance de ces deux exigences. Les thèmes sociaux, leurs conséquences. 

Contrairement à la gauche et à la droite d’antan (porteuses de visions globales),  l’écologie et l’identité sont des priorités concurrentes, des réponses à des dangers perçus comme vitaux. Défendre d’abord l’une ou l’autre dit beaucoup du monde que l’on souhaite.

L’été nous renseigne parce que chacun a (encore un peu plus) mesuré les effets du dérèglement climatique. D’autre part l’Afghanistan, l’accueil ou non des réfugiés, nourrit le débat identitaire de la rentrée. 

On est parti sur ces deux rails identité/écologie

Doit-on s’écharper en permanence sur les dérives d’un antiracisme intersectionnel caricatural et ultra minoritaire, comme si notre survie en dépendait ? Ou doit-on se concentrer sur la façon (forcément déstabilisatrice) de faire face au dérèglement climatique et proposer (comme la France aime à le faire depuis les Lumières et la Révolution ?) un nouveau contrat social ? 

Certes c’est plus immédiatement facile (pour les médias, les politiques… Et pour chacun sur les réseaux sociaux) de faire de l’audience, du clic, en s’insurgeant d’un burkini provocateur, d’une réunion groupusculaire non mixte, de faire passer la dizaine de milliers de réfugiés afghans pour une submersion… plus facile (et plus tweetable) que de se demander comment rendre nos productions plus durables, nos transports moins énergivores, comment moins et mieux consommer ?

Au vu des enjeux et des menaces, c’est l’environnement qui devrait dominer nos débats, en être la matrice

Et c’est au sein même de la question environnementale que devrait se dessiner le clivage pertinent. Il y a de quoi régénérer droite et gauche avec ce thème englobant. L’identité (les questions migratoires, notre alimentation par exemple) sont à traiter dans le cadre du  sujet environnemental.  

Les thèmes de l’égalité et de la justice sociale aussi

La campagne s’annonce vertigineuse parce qu’il ne s’agit plus de l’alternance pendulaire gauche/droite mais bien de préparer un tout autre monde. Le solide rapport du GIEC (dont plus personne de sérieux ne conteste la portée) devrait –en toute logique- être la base des programmes de tous les candidats… En toute logique. 

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