Emmanuel Macron suit les recommandations de l’historien Benjamin Stora pour tenter de réconcilier les mémoires de la guerre d’Algérie.

Le président Emmanuel Macron lors d'un discours pendant la réception consacrée à la mémoire des Harkis au palais de l'Elysée le 20 septembre 2021
Le président Emmanuel Macron lors d'un discours pendant la réception consacrée à la mémoire des Harkis au palais de l'Elysée le 20 septembre 2021 © Maxppp / Pool/Stephane Lemouton

Dans ce cadre des mesures de réparations financières accompagneront ce pardon pour les descendants des harkis qui ont vécus dans des camps, ont été longtemps oubliés, ostracisés. Emmanuel Macron n’est pas le premier président à reconnaitre la faute de la France mais c’est le premier à demander pardon ! 

Et oui la France peut demander pardon sans perdre son âme. Au contraire ! 

Et s’agissant des harkis, ça fait consensus. Beaucoup moins de consensus quand Emmanuel Macron demande pardon (alors que ce ne sont que des pardons individuels) l’année dernière, aux familles de militants indépendantistes torturées et assassinées par l’armée française (Maurice Audin ou Ali Boumendjel).

Pour ces pardons partiels, pour la reconnaissance des crimes de la colonisation, et l’enseignement d’une histoire factuelle, pour l’ouverture des archives militaires, une partie de la droite, mais surtout l’extrême-droite, s’insurge, y voit les dérives de la repentance, la haine de soi.  

L’idée du pardon de la France a toujours fait polémique

Oui, on parle de repentance, ce mot a pris une connotation détestable, au fil des débats. L’Elysée tente d’ailleurs de distinguer le pardon et la repentance. L’idée s’est installée selon laquelle la France s’émasculerait à mettre en lumières les ombres de son histoire et à s’excuser de ses fautes.

La France, en 1995, s’est-elle affaiblie en se repentant de son rôle dans la déportation des juifs par le régime de Vichy ? 

Au contraire, l’honnêteté historique, (sans anachronisme) et le pardon, renforcent la cohésion nationale. Il faudra bien trouver le moyen de demander pardon pour la colonisation, afin de tarir la surenchère victimaire, carburant du dit séparatisme ou du communautarisme. 

Les présidents, depuis Jacques Chirac, ont tous eu des mots sans ambages sur le crime que représente, en lui-même, la colonisation mais sans jamais demander pardon, de peur que le pardon ouvre la voie à des demandes de compensations matérielles ou pour des raisons de non-réciprocité. 

Parce que, de leur cotés, les autorités algériennes ne font pas leur part du travail de vérité sur une période qu’ils continuent à surexploiter politiquement afin de détourner l’attention des turpitudes de leur régimes. 

Quand pardon, au compte goute, il y a, c’est aussi souvent par utilité électorale 

A 7 mois de la présidentielle (et puisque le président semble plutôt miser sur l’électorat de la droite en mai prochain) le pardon aux 700.000 descendants des harkis est plus rentable qu’une panthéonisation de Gisèle Halimi (pourtant recommandée par Benjamin Stora) ou qu’un pardon, par exemple, aux familles des 150 à 200 algériens assassinés le 17 octobre 1961.

C’est bientôt la commémoration des 60 ans de ce massacre perpétré à Paris et si longtemps, caché, nié

Ce pardon, le pardon global pour les 150 ans colonisation viendra un jour, sous un autre quinquennat, question d’honnête politique ou plus surement – expérience de vieil éditorialiste sans plus d’illusions- question de calcul électoral destiné à une autre partie de la population…    

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