La maire de Paris installe, pas à pas, dans les esprits l’idée qu’elle est la candidate naturelle de la sphère socialiste.

Anne Hidalgo fait un pas vers une candidature pour 2022
Anne Hidalgo fait un pas vers une candidature pour 2022 © Getty / Bertrand Rindoff Petroff

Mais pour l’instant Anne Hidalgo ne décolle pas dans les sondages, tankée dans une zone dramatique de 6 à 8%, le plus souvent derrière J.-L. Mélenchon et Yannick Jadot. La raison optimiste qui expliquerait ce plombage, c’est que dans l’esprit des Français, la maire de Paris n’est pas encore perçue comme candidate. La condition de son décollage serait - à l’instar de Xavier Bertrand pour la droite - que chacun l’identifie comme candidate. 

Alors, pourquoi ne se déclare-t-elle pas ?  

Pour ne pas griller trop tôt la cartouche du moment solennelle d’une déclaration officielle, pour ne pas risquer que cette déclaration passe relativement inaperçue dans un contexte toujours écrasé par l’actualité Covid, et parce que se déclarer quand on est à 6% cela a un aspect un peu désespéré. Quadrature du cercle ! 

Pour grimper dans les sondages il faudrait se déclarer… mais pour se déclarer utilement, il faudrait quand même avoir de meilleures intentions de votes ! D’où l’autre hypothèse (pessimiste pour la gauche) : le PS, la social-démocratie, serait considéré par les Français comme une force sans plus d’envergure nationale, en phase de reconstruction (ou de disparition), bonne à gérer les collectivités locales mais (pour l’instant du moins) pas plus. 

Dans la recomposition du paysage politique, le PS ne serait plus perçu comme utile par les Français. Le travail d’Anne Hidalgo, c’est de tenter de redonner du contenu à la social-démocratie, matinée d’écologie, inspiré par les enjeux révélés par la crise du Covid : le besoin de renforcer la société du soin, recréer de nouvelles solidarités et reconstruire une souveraineté sanitaire et industrielle. Pour l’instant, ce ne sont que des mots. On attend les propositions en septembre. 

Mais en l’écoutant hier, ici même, on avait l’impression que la candidate (appelons-la par ce qu’elle est) voulait surtout décrire une façon de faire de la politique à l’inverse du jupitérisme macronien réapparu lundi soir, au pied de la tour Eiffel. Il était question – dans la voix d’Anne Hidalgo - de syndicats, d’élus locaux, de monde associatif, de solutions venues du terrain, de concertation, de refus de la brusquerie verticale. 

Anne Hidalgo a bien intégré que depuis les victoires de l’énergique Sarkozy succédant à l’apathique Chirac, du placide Hollande après le vibrionnant Sarkozy et de l’atypique Macron succédant au normal Hollande, il faut jouer le contre-emploi. Mais en matière de contre-emploi, pour ce qui est de la gouvernance (douceur et concertation), on ne peut pas dire que la maire de Paris soit tout à fait raccord avec la gentille candidate que parait vouloir être Anne Hidalgo. Alors vivement que l’élue de la capitale revienne en vraie candidate, avec des propositions programmatiques alternatives… ce serait quand même plus intéressant pour le débat politique.  

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